UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Une CFDT libre et engagée dans le débat public 5/5


Frédéric Sève, secrétaire national CFDT en charge des relations politiques, est interviewé par Fil bleu sur le déroulement de la campagne, les propositions du Pouvoir de vivre et la dimension européenne.

Sommaire du dossier
puce La démocratie au cœur des élections de 2022 1/5
puce Une campagne électorale dans un contexte difficile 2/5
puce Vous avez dit information ? 3/5
puce Redonner aux citoyens le pouvoir d’agir, de participer, de s’engager 4/5
puce Une CFDT libre et engagée dans le débat public 5/5

Quelles appréciations portes-tu sur le déroulement actuel de l’élection présidentielle et quels sont les aspects qui devraient émerger, normalement, au cours de cette élection ?

Frédéric Sève, secrétaire national CFDT
Frédéric Sève, secrétaire national CFDT
Anne Bruel_Infocom CFDT

Difficile de juger une campagne qui ne fait que commencer, mais ce qui me frappe c’est précisément qu’elle peine à réellement démarrer : pas de programme, peu de propositions et de débat. On peut incriminer la pandémie qui sature l’actualité et met tout le monde un peu sous l’éteignoir. Je crois que c’est aussi une conséquence de la déliquescence des partis politiques. Le travail en amont de la campagne, la réflexion, la confrontation avec les experts, les intellectuels, les forces vives de la société, tout cela n’a pas été fait ou pas assez. L’affaiblissement des partis traditionnels, qui jouaient aussi un rôle de corps intermédiaires, n’a pas été bénéfique au fonctionnement démocratique, bien au contraire. Cela crée un boulevard aux populistes, et à l’extrême droite en particulier.

Quelles sont les revendications, les propositions de la CFDT et des associations réunies au sein du Pacte du pouvoir de vivre qui vont être développées auprès des candidats ?

Le Pacte s’est donné comme objectif de mettre en avant les sujets de fond, parce que l’on pressentait que la campagne électorale risquait d’être accaparée par des sujets médiatiques, polémiques, mais sans grand rapport avec le vécu des gens et surtout les défis du moment. Les 90 propositions que nous avons rédigées visent d’abord à cela : remettre du concret et du réel dans le débat public. L’urgence, c’est la transition écologique ou la lutte contre la pauvreté, l’important, ce sont les inégalités de richesse, de santé, d’éducation. Il faut traiter tout cela ensemble : on ne réussira pas la transition écologique dans une société fracturée socialement et politiquement. Et à quoi bon engager des efforts de transition si ce n’est pas pour construire une société plus juste ?

La dimension européenne constitue depuis toujours un élément fort de l’histoire et des engagements de la CFDT. Comment allons-nous faire entendre nos préoccupations européennes, celles de la CFDT, comme celles de la Confédération européenne des syndicats (CES) à l’occasion de cette élection* ?

Ce premier semestre 2022 offre une conjonction rare : des élections présidentielle et législatives et en même temps une présidence française pour l’Union européenne. Cela doit être l’occasion de mettre de l’Europe dans nos débats, mais cela doit aussi nous rappeler que tout ne se décide pas dans nos élections nationales et que l’action politique, comme syndicale, a désormais (au moins) une dimension supplémentaire : l’Europe. Quoi qu’il en soit, la CFDT poussera les revendications qu’elle porte avec la CES, notamment pour faire aboutir des directives importantes sur le salaire minimum, les travailleurs des plateformes ou encore le devoir de vigilance. Cette présidence française doit aussi être l’occasion d’avancer sur la gouvernance européenne, d’engager un approfondissement démocratique et de se doter d’outils budgétaires permettant à l’Europe de répondre aux défis écologiques, sociaux mais aussi géopolitiques auxquels elle est confrontée.

Entretien réalisé par Jean-Pierre Moussy avant le 24 février 2022, date de l’invasion militaire de la Russie en Ukraine.

(*) D’autant que l’imbrication des sujets entre la France et l’UE n’est, en effet, plus à prouver, qu’il s’agisse de la réforme des règles budgétaires, du plan de relance européen, du plan climat, des aspects liés à l’immigration, de la réglementation du numérique, des droits sociaux, des aspects portant sur la santé.