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Une Europe protectrice plutôt que soumise


Questions à Pervenche Berès, députée européenne d’Île-de-France, présidente de la Commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement européen

Quelles sont les orientations essentielles qui ont marqué les travaux de la Commission de l’emploi et des affaires sociales ?

La Commission emploi et affaires sociales a œuvré dans le sens d’une plus grande inclusion sociale. À son initiative, le Parlement européen s’est mobilisé pour sauver l’aide alimentaire aux plus démunis, créée en 1987 par Jacques Delors et Coluche. Sans elle, le fonds d’aide alimentaire n’aurait pas été maintenu pour la période 2014-2020 à son niveau de 3,5 milliards d’euros.

Par ailleurs, les députés se sont battus pour l’instauration d’une « Garantie jeunesse ». Ce dispositif assurera à chaque jeune sans travail ni formation depuis 4 mois une offre d’éducation, de formation, d’apprentissage ou d’emploi. Pour le financer, 6 milliards d’euros seront disponibles sur deux ans.

La commission a aussi bouclé les négociations, entamées en 2005, sur la portabilité des retraites complémentaires. Elle permettra aux salariés de garder leurs droits à pension, en cas de mobilité dans un autre pays de l’Union européenne.

Enfin, les travaux ont porté sur une meilleure prise en compte des aspects sociaux dans le « Semestre européen », le cycle de coordination des politiques économiques. Ainsi a été obtenue la mise en place d’indicateurs sociaux qui permettront de s’attaquer au problème des divergences sociales au sein de la zone euro.

Quelles devront être les priorités du nouveau Parlement européen en matière sociale ?

Le Parlement européen devra renforcer le pilier social de l’Union. Cela passera par le maintien des filets de protection sociale, l’investissement dans des services publics de qualité et l’accès effectif aux services sociaux.

Il devra aussi obliger la Commission européenne à prendre des initiatives pour relancer la stratégie pour la santé et la sécurité des travailleurs.

La création d’un salaire minimum dans chaque État de l’Union sera un combat important, qui limitera le dumping social et la précarité des travailleurs, tout en stimulant la demande interne. Sa création prévue en Allemagne est un bon signe, car elle donnera un nouvel élan à cette initiative européenne.

Enfin, la grande bataille du Parlement européen devra porter sur l’affirmation de la primauté des droits sociaux sur les libertés du marché intérieur. Il devra se saisir de l’opportunité de toute modification du traité, afin de graver ce principe dans le marbre.
Mais pour que tout cela soit possible, il faut évidemment qu’une majorité progressiste sorte des urnes le 25 mai.

Pourquoi faut-il combattre l’abstention et donc agir pour que chaque citoyenne et citoyen aillent voter le 25 mai ?

L’abstention est un fléau qui mine la démocratie en général et le projet européen en particulier. Se mobiliser contre elle, c’est combattre les populistes et les extrêmes, qui souhaitent transformer les élections en référendum contre l’Europe.

Or, l’Union ne disparaîtra pas le 26 mai. En revanche, les résultats fixeront son orientation : plus juste et plus protectrice comme le défendent les socialistes. Ou soumise à la main invisible du marché comme le veulent les conservateurs.

Le scrutin introduit enfin une nouveauté remarquable : en se rendant aux urnes, chaque citoyen pèsera dans la désignation du prochain président de la Commission européenne. Ce choix sera donc l’expression d’une volonté directe et non le reflet de conciliabules entre gouvernements.

Propos recueillis par Jean-Pierre Bobichon

Pour en savoir plus

Notre Europe-Institut Jacques Delors : www.notre-europe.eu
Le Parlement européen : www.europarl.europa.eu
L’Union européenne : www.europa.eu
La représentation de la Commission européenne en France : www.ec.europa.eu/france
Rencontrez l’Europe : http://rencontres.touteleurope.eu
Sauvons l’Europe : www.sauvonsleurope.eu
Les centres d’information Europe Direct : www.europedirectfrance.eu