Actu revendicative


Une présence postale adaptée aux besoins


La présence postale dans les zones rurales reste une de nos préoccupations. Le facteur en passant partout tous les jours assure cette indispensable présence. Les opérations en bureau doivent servir à maintenir un service public de proximité. Évitons la fermeture systématique des bureaux. Recherchons des solutions innovantes et réalistes favorisant la présence postale.

Depuis quelques mois les commentaires, prises de positions, rappel à l’ordre se succèdent sur le thème de la présence de la Poste dans le milieu rural avec comme objet principal la fermeture des bureaux.

Il est toujours agréable pour un postier de mesurer combien la classe politique et divers leaders d’opinions sont attachés à La Poste et au service public. Il convient de ne pas feindre d’ignorer la relative « tartuferie » dont font preuve nombre d’élus politiques de tous bords. En effet ils connaissent les menaces qui planent sur l’avenir de La Poste et la nécessité qu’a l’entreprise publique d’équilibrer ses comptes.

Le débat porte sur l’adaptabilité du service public. Le manque d’effectifs et un maillage en bureaux trop faible caractérise La Poste des villes et particulièrement celles des banlieues. Derrière des slogans simples et tentants du style « un village, un bureau de Poste », on dit n’importe quoi. En fait, c’est au moins deux réalités différentes.

Premièrement, La Poste c’est un double réseau : un réseau fixe de bureaux et un réseau mobile de facteurs. Près de cent mille agents desservent, potentiellement, chaque jour l’ensemble des foyers en tous lieux du territoire. Pour les hameaux reculés, les personnes les plus isolées, le contact postal quotidien se fait via le facteur. Il faudrait certainement en zone rurale développer le concept du facteur guichetier. Les points fixes de présence postale ne sont donc pas toujours les réponses les plus pertinentes.

Faire des choix d’implantation

Deuxièmement, le financement des missions de service public de La Poste dépend de la qualité de la réponse apportée aux besoins des usagers clients postaux que nous sommes tous. Comme nous sommes tous également des contribuables. Sauf à dire que La Poste dispose de moyens publics illimités pour financer son réseau, il faut faire des choix d’implantation y compris sur les formes que celles-ci doivent revêtir.

Il est des parlementaires qui en province manifestent contre la fermeture d’un petit bureau dans leur circonscription et qui à Paris soutiennent la politique budgétaire induisant la fermeture ! Les dirigeants de La Poste sont loin d’être eux aussi exempts de toute critique sur leur façon de conduire ce dossier. La Poste doit revoir sa copie lorsqu’elle s’est trompée et accepter la redistribution d’une partie des gains de productivité réalisés vers le personnel mais aussi en injectant des moyens en zone rurale.

Oui, la fédération CFDT des Postes et des Télécoms revendique une Poste qui s’appuie au maximum sur des bureaux proposant une offre postale complète. Lorsque le nombre d’opérations quotidiennes réalisées par l’agent se compte sur les doigts des deux mains, sans parler de rentabilité il est légitime de s’interroger sur le maintien ou l’ouverture coûte que coûte de certains bureaux. On fait mieux comme épanouissement au travail !

Là où hélas on ne peut maintenir des bureaux toute la journée, les activités postales pourraient se faire à partir de la maison du service public, du secrétariat de mairie voire d’un commerce. Si quelques opérations postales apportent un plus pour le maintien de la boulangerie ou de l’épicerie qui vivote, faut-il écarter cette solution ? La fédération CFDT des Postes et des Télécoms ne le pense pas.

Il faut sûrement repenser la présence postale et pourquoi pas au niveau de bassins de vie. Il convient d’éviter les comportements intégristes systématisant la fermeture des bureaux mais de rechercher des solutions innovantes et réalistes favorisant la présence postale dans la transparence et par le dialogue. Il faut creuser l’idée du facteur guichetier en zone rurale, et renforcer le réseau postal et les moyens humains en milieux urbains notamment sensibles. Gare aux chimères du « tout est possible » et autres contre vérités si évidentes.