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L’Unesco engluée dans une crise politique


Installée à Paris depuis sa création en 1946, l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), est sans doute parmi les plus connues des organisations onusiennes. Son nom et son action sont connus de tous, notamment en raison de son action pour le patrimoine mondial. Pourtant, elle traverse une crise politique et budgétaire sans précédent pouvant la mettre en grande difficulté.

« Contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples.  » Tel est l’objectif retenu par la vingtaine de pays fondateurs de l’organisation lors de sa première conférence en 1946. Ils sont aujourd’hui 195 à s’engager sur cette voie non sans difficulté. Un numéro entier de Fil Bleu ne suffirait pas à énumérer et expliciter les nombreux programmes mis en place pour aller vers ce résultat.

Le patrimoine mondial de l’Unesco

Mais sans aucun doute, l’Unesco est surtout connu et courtisé pour ses inscriptions sur la liste du patrimoine depuis 1978. Celle-ci a évolué au fil des ans passant des monuments, aux sites, puis aux produits, du matériel à l’immatériel. Répondant à des critères exigeants, l’inscription est de plus en plus difficile et donc appréciée à sa juste valeur. Elle peut aussi être mal considérée par le pays concerné.

Si ce n’est pas la première crise que connaît cette organisation, les précédentes étaient souvent fondées sur des raisons budgétaires et de management, et concernaient plusieurs organisations onusiennes. Les USA et le Royaume-Uni en étaient les meneurs.

La crise actuelle

Mais cette fois, la crise est plus politique et pourrait au minimum réduire considérablement les moyens et les programmes de l’Unesco. De quoi s’agit-il ? En 2011, déjà les USA, sous l’administration Obama, avaient suspendu le versement de leur contribution après l’admission de la Palestine comme État membre.

L’administration Trump a franchi un pas de plus en annonçant en octobre dernier que leur pays ne ferait plus partie de l’Unesco au motif que l’institution internationale serait anti-israélienne. Au 31 décembre 2018 donc, les USA ne seront plus que simples observateurs, tout en essayant de maintenir une certaine influence. Et c’est aussi le moyen, pour ce pays, de faire l’impasse sur les 542 millions de dollars d’arriérés de cotisation. Et ils ne sont pas les seuls, plusieurs pays refusent de verser leur cotisation en raison de telle ou telle décision de l’organisation. Israël va également quitter l’organisation en avançant le même motif que les USA.

Si l’Unesco, comme toutes les organisations onusiennes, vit des cotisations des États membres, ses programmes dépendent des contributions volontaires de ceux-ci. Réduire ou supprimer les unes ou les autres va considérablement restreindre les programmes qui permettent d’améliorer l’accès à la culture dans les pays pauvres. Audrey Azoulay (ancienne ministre de la Culture de François Hollande), élue directrice générale en novembre dernier, n’aura pas trop de son mandat de quatre ans pour essayer de résoudre cette crise ou d’en réduire les conséquences.

Jean-Pierre Delhoménie

Préambule de l’acte constitutif de l’Unesco

« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. »

La Maison de l’Unesco