Notre activité


Vivre au temps du @2.0


Apprendre à vivre dans une société en @2.0 a été une expérience forte pour maintenir des liens affectifs, familiaux, sociaux, lors du confinement. Difficile début mars, pour ceux et celles qui ne possédaient ni le langage, ni les outils, ni les connaissances d’utilisation des réseaux sociaux, de pouvoir communiquer. L’entraide, la solidarité et la fraternité ont permis à beaucoup d’entre nous d’y accéder.

Un Français sur six est touché par l’illectronisme (illettrisme numérique) et il existe encore des zones blanches en France ou des lieux à faible réseau Internet, principalement en zone rurale. La majorité des personnes sans ordinateur sont des personnes âgées, mais rares sont les personnes sans téléphone. Beaucoup possèdent une tablette avec une adresse Internet pour gérer l’administration (Ameli, retraites, impôts…), le quotidien (gaz, électricité, banque…). Si seulement une minorité est capable de faire des recherches sur Internet, une majorité connaît l’application Facebook pour s’informer, avoir des amis ; WhatsApp pour communiquer avec sa famille ou Messenger pour échanger des photos.

Le confinement a mis en lumière les manques, mais il a permis à beaucoup de personnes volontaires d’approfondir leurs connaissances en réseaux sociaux, avec l’aide de leur entourage ou de bénévoles. Des lieux de vie comme les Ehpad ont développé des liens numériques avec les familles en mettant à disposition des tablettes. Tous ces objets avec leur langage barbare sont devenus plus familiers pour beaucoup d’entre nous et nous ont fait comprendre leur utilité de matière de communication.

Développement de la téléconsultation pendant le confinement

Afin de respecter les consignes de sécurité et de protéger l’ensemble de la population, certains professionnels de santé (médecin, infirmier, sage-femme, orthophoniste, masseur-kinésithérapeute) ont proposé à leurs patients une prise en charge à distance. La continuité des soins a été assurée, tout en limitant les risques de propagation du coronavirus. Cela a pu se faire par téléphone ou en visioconférence par Skype, WhatsApp, Facetime... Les procédures ont été allégées pour faciliter les démarches et la téléconsultation a été prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale. Beaucoup d’entre nous ont utilisé ce dispositif ou ont appris à l’utiliser.

Le traçage « StopCovid » à la sortie du confinement

Avec la période de déconfinement, la mise en place du traçage « StopCovid », pour les volontaires, a été un enjeu majeur pour limiter les risques de propagation de l’épidémie. L’enjeu est de dépister le plus rapidement possible les personnes touchées par le Covid-19, les tester, les soigner, les isoler, pour éviter les transmissions interpersonnelles. Ce dépistage concerne uniquement les personnes qui présentent des symptômes de Covid-19 et les personnels qui ont été en contact avec une personne testée positive. Le traçage se fait grâce au Bluetooth activé une fois l’application installée. Le recensement effectué, le relais est transmis aux plateformes territoriales de l’Assurance maladie, qui assurent ensuite la prise en charge des personnes contacts identifiés. Le fait que 44 % des personnes de plus de 70 ans n’aient pas de smartphones est une des limites de l’application.

La protection des données de santé dans notre société

La France a créé, fin décembre 2019, une plateforme destinée à mettre les données de santé de plusieurs millions de personnes à la disposition des chercheurs et des entreprises : « le Health Data Hub ». Dans un même temps, le droit français considère les données de santé comme la continuité du corps. Elles ne peuvent ni être cédées, ni être vendues. Elles ne peuvent être utilisées qu’après accord de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés).
À chaque nouvelle crise, que ce soit pour lutter contre le terrorisme ou pour éradiquer l‘épidémie Covid-19, notre société fait un pas de plus vers le numérique. On adopte dans l’urgence des lois spéciales qui dérogent aux principes généraux de protection des données avec le risque que ces dispositifs perdurent dans le temps sans protection de l’anonymat. Certains juristes nous alertent : « Soyons vigilants : attention à l’équilibre entre sécurité et libertés fondamentales. »

Danielle Rived

Le courriel hebdomadaire de la CFDT Retraités 31-09

L’Union des retraités CFDT 31-09 s’est mobilisée sur le numérique pendant le Covid-19 avec plus de 90 % d’adresses e-mail de ses adhérents. Une lettre e-mail par semaine, des groupes de convivialité, des groupes d’intérêts par Internet. Certains ont dû apprendre à ouvrir une pièce jointe, à lire un lien, à écouter une vidéo, à répondre à tous sans laisser des adresses apparentes… À inventer de nouvelles relations sociales plus ou moins bien bricolées, à la plus grande satisfaction de tous.

Le dispositif « Contact-Covid » et ses trois niveaux d’interventions

Le médecin recense les malades. Il transmet les données à la plateforme Assurance maladie qui les communique aussi à l’ARS (agence régionale de santé) en lien avec Santé publique France. L’objectif est de repérer et de signaler les situations qui nécessitent une prise en charge d’isolement et de soins. Les données sont conservées, de manière chiffrée, pendant 21 jours sur le téléphone. Le ministère de la Santé peut y accéder sur demande pour identifier les personnes « ayant été en contact », indique la CNIL.

La collecte des données de santé

Dès la naissance, les données médicales comme le poids, la taille, les comptes rendus médicaux, les radios, les échographies, les analyses du sang, les médicaments inscrits sur la carte Vitale, les tickets de caisse de la pharmacie sont collectés. Mais aussi les infos des objets connectés voire les balances connectées : poids, graisse, muscle… ou les montres : rythme cardiaque, sommeil…

Les recommandations du défenseur des droits

Jacques Toubon, ancien défenseur des droits, souligne : « Il faut absolument tirer les leçons de ce que nous avons vu pendant l’urgence sanitaire afin d’améliorer les systèmes mis en place pour l’accès aux services publics ». Il plaide pour un service public numérique tout en défendant l’égalité d’accès aux services publics de chacun et de chacune. « La dématérialisation introduit des inégalités de fait dans l’accès aux services publics et l’accès aux droits. »

Des applications devenues plus familières.