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Les idées reçues démontées


Oui les riches sont de plus en riches, il faut s’attaquer aux inégalités. Mais on doit aussi prendre en compte le niveau de vie et le mieux-être général qui progressent en France et dans le monde. Connaître toutes les réalités permet de sortir de la morosité ambiante soutenue par le populisme. D’autant qu’individuellement, les Français sont de plus en plus optimistes.

Valoriser les événements douloureux et dramatiques en France et dans le monde, comme le font les médias, encourage le défaitisme. Les réseaux sociaux numériques affirment des idées fausses perçues comme des vérités.

Les exemples de contrevérités contenues dans certaines recherches (*) foisonnent : «  L’euro a fait monter les prix ; le bac est donné à tout le monde ; les diplômes ne protègent plus du chômage ; le terrorisme est de plus en plus meurtrier ; les Français ne lisent plus ; le salariat est mort ; on accueille toute la misère du monde ; un jeune sur quatre est au chômage ; les profs se la coulent douce ; les fonctionnaires sont des tire-au-flanc ; la fraude aux allocations est un sport national ; la Sécu nous ruine ; les Français sont paresseux ; tout le monde est précaire ; la France est un cauchemar pour les entreprises ; le renouvelable n’est pas rentable ; les chômeurs sont responsables de leur situation… »

La vie est meilleure qu’autrefois

Autre thèse radicale de Steven Pinker, professeur de psychologie. Les violences reculent partout dans le monde (esclavage, guerres, génocides, crimes, viols, infanticides, féminicides, flagellations, sacrifices humains, exécutions capitales). Depuis 70 ans, une grande partie du monde vit une paix exceptionnelle : « Le terrorisme djihadiste reste très marginal, comparé aux guerres chroniques d’hier. »
Quant au combat pour l’émancipation, surtout des femmes, il progresse dans le monde, les libertés, la démocratie aussi. Le changement climatique provoque une prise de conscience mondiale.

Plus on découvre que la société et le monde vont mieux, plus on devient optimiste. La montée des inégalités est réelle, mais cela ne doit pas faire oublier « que la vie est aujourd’hui meilleure qu’à aucune autre époque de l’histoire  », souligne Angus Deaton, prix Nobel d’économie.

Savoir regarder sans angélisme toutes les évolutions positives issues également de mobilisations, les comprendre et les reconnaître entraîne de bonnes raisons de se réjouir et d’espérer pour mieux vivre ensemble.
Jacques Rastoul

(*) Des sources
- « Manuel de survie contre les idées reçues », revue Oblik n° 1, novembre 2017, éditions Alternatives Économiques, 2018.
- « 2018, année optimiste ? », Le Monde, 6 janvier 2018.
- Non, ce n’était pas mieux avant, Johan Norberg, Plon, 2017.
- En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, ATD Quart Monde, éditions de l’Atelier.

Les Français lisent en moyenne sept heures par semaine.