UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Volontariat, travail gratuit : un modèle à repenser 3/5


Sous couvert de volontariat, un travail gratuit indispensable au fonctionnement de nombreuses activités se généralise, des Jeux olympiques aux services publics du quotidien.

Sommaire du dossier .

On cherche des volontaires pour travailler gratuitement

Sous couvert de volontariat, le travail gratuit se développe. Il représente parfois un apport indispensable, sans lequel toutes sortes d’activités, y compris lucratives, ne pourraient pas se tenir.

Les Jeux olympiques et paraolympiques de Paris ont mobilisé 45 000 volontaires, qui ont œuvré à leur réussite, sans compter leur peine, et dans des conditions qui s’apparentent à un travail, même si l’on s’est bien gardé de le présenter ainsi.

Le recours à des volontaires est habituel et ancien dans le cadre des JO. Ce volontariat s’inscrit dans la fête et dans l’espoir de décrocher, demain, le boulot de ses rêves. Ce recours est quantitativement important et l’engagement demandé aux volontaires est particulièrement intense, même s’il est limité dans le temps.

Le développement du volontariat en France, dont le dernier statut est le service civique, participe au fonctionnement de services publics au quotidien (écoles, hôpitaux, etc.). Ces volontaires ne sont pas reconnus comme des travailleurs même si cela leur ouvre certains droits sociaux.

La Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Carbonne en Haute-Garonne

Cette association a été obligée de licencier et de supprimer certains services : accueil, ludothèque, services aux personnes âgées.

Ne soyons pas complexés par l’argent. C’est pourtant un écueil majeur pour gérer beaucoup d’associations (loi de 1901), qui n’ont pas le droit de faire du bénéfice, mais vivent de subventions municipales, CAF, Départements, Régions, intercommunalités, ministères Jeunesse et Sports, et/ou Culture, etc.
qui, par convention, rendent des services et œuvrent pour le bien public.

De plus, certaines associations deviennent employeuses et gèrent du personnel. Elles appliquent le droit du travail (conventions collectives, médecine du travail). Elles participent à la formation des personnels, animent un secteur basé sur les politiques locales, elles doivent s’engager sur l’esprit du secteur de l’économie sociale et solidaire.

En cela, nous sommes indispensables à la cohésion du territoire et à la continuité de l’État. Aujourd’hui, le constat peut être « saignant » pour nous et les personnes qui dépendent de nous et de nos actions (salariés, parents, communes). Les coupes budgétaires successives affectant les associations mettent en danger notre fonctionnement et notre engagement, voire notre existence pour certains.

Pour 2025, la décision du gouvernement de récupérer 60 milliards sur les dépenses des collectivités locales et de restreindre les dotations de certains ministères et/ou secteurs nous impacte sérieusement. La situation s’aggrave pour 2026.

De fait, l’État remet en cause la base du modèle associatif qui repose sur un fragile équilibre entre l’activité économique et l’engagement militant qui maille le territoire mais surtout qui permet d’agir là où l’État n’est pas toujours capable.

Nous ne sommes pas de simples prestataires de services : nous sommes de véritables partenaires sur des secteurs sociaux, culturels et éducatifs, tout en maintenant les liens entre les personnes, la politique de la ville, les autres acteurs de la vie locale.

Témoignage d’Henri Rance, Président de la MJC Carbonne, ville de Haute-Garonne de 5 600 habitants, délégué CFDT au conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie.