Actu revendicative


La bientraitance est l’affaire de tous !


Dans le cadre de la future loi sur l'autonomie et le vieillissement, le ministère a mis sur pied plusieurs groupes de travail. La CFDT, par le canal du Coderpa de l'Essonne participe à l'un d'entre eux. Approches individuelles et collectives de la bientraitance sont à combiner.

Regard sur l’avancée en âge et la perte d’autonomie, la maladie, le type d’accompagnement, la formation, la participation des personnes concernées, la place des aidants et des professionnels… Le sujet est vaste. Les acteurs sont nombreux. Et… les droits individuels et collectifs méconnus. La culture de la bientraitance est à développer.

Le comité national pour la bientraitance et les droits des personnes âgées et handicapées s’appuie sur plusieurs groupes de travail. À partir d’expériences de terrain, le but est de retenir des propositions concrètes pour alimenter la future loi.

Le champ de ces travaux concerne surtout les services à domicile et dans une moindre mesure les établissements pour personnes âgées et handicapées.
Cet enjeu de la bientraitance concerne en effet de plus en plus de citoyens. La CFDT, avec d’autres associations, partage de nombreux objectifs.

Cela passe par la prise en compte de l’isolement, de la vulnérabilité, les droits et atouts des personnes concernées, une permanence des soins, une accessibilité au logement et au transport. Il s’agit aussi de répondre à l’épuisement des proches et des aidants familiaux, d’appréhender le « burn-out » des personnels et la professionnalisation, de développer une culture positive du vieillissement, de la maladie et du handicap.

De l’action individuelle aux relations collectives

A partir de ces observations, des premières pistes se dégagent. Les professionnels de santé devraient mieux échanger avec les professionnels du médico-social. Les acteurs ne sont pas que professionnels. Pour la CFDT, les personnes concernées, les millions d’aidants familiaux et les organisations d’usagers, les instances comme le Coderpa sont aussi des acteurs à prendre en compte.

Dans ce sens, la CFDT insiste pour la mise en œuvre et l’évolution de la loi de 2002 concernant les droits individuels et collectifs des usagers. Il s’agit des groupes d’expression et de paroles, de la généralisation des conseils de la vie sociale, du projet de vie individualisé co-construit avec tous ceux qui accompagnent la personne, des protections et recours en cas de maltraitance, de l’évolution de la formation professionnelle des personnels dont l’illettrisme.

Face à l’accroissement du nombre de personnes concernées et des troubles cognitifs sévères, les qualifications et les moyens ne sont ni adaptés, ni suffisants. La bientraitance nécessite des lieux d’échanges et de concertation entre tous les acteurs. Fort du savoir faire syndical, la construction permanente de réponses collectives aux situations individuelles est un axe essentiel à faire avancer.

Jacques Rastoul

Le bien-être de la personne

La bientraitance, selon la définition de l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements médico-sociaux (ANAEMS), est « une culture inspirant les actions individuelles et les relations collectives au sein d’un établissement et d’un service. Elle vise à promouvoir le bien-être de l’usager en gardant à l’esprit le risque de maltraitance. Elle ne se réduit ni à l’absence de maltraitance, ni à la prévention de la maltraitance.

La bientraitance se caractérise par une recherche permanente d’individualisation et de personnalisation de la prestation. Elle ne peut se construire au sein de structure donnée qu’au terme d’échanges entre tous acteurs. »