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100 ans de syndicalisme pour la CFDT


Le 15 octobre dernier, la CFDT organisait un événement pour fêter les 100 ans de son histoire. C’est en effet en 1919 qu’est née la CFTC, la Confédération française des travailleurs chrétiens, devenue CFDT en novembre 1964.

Une table ronde, introduite par Jocelyne Cabanal, a d’abord été l’occasion pour l’historien Frank Georgi de rappeler les grandes dates qui ont marqué l’histoire de notre organisation. La création des premiers syndicats, celle de la CFTC en 1919, son évolution progressive vers la déconfessionnalisation, portée par les « Minoritaires » et enfin le Congrès de 1964.

Mais au-delà des dates, cette table ronde a également permis un échange de regards sur l’engagement de la CFDT dans le monde et en France. Son positionnement vis-à-vis du syndicalisme international, l’exemple de ses relations avec la Confédération syndicale chrétienne belge, le rapport de la CFDT au politique avec le moment clé que constitue le rapport Moreau.

Les temps forts de l’engagement syndical de Jean Kaspar, Nicole Notat et Laurent Berger

Jean retient deux moments, le congrès de 1964 et le rapport Moreau. Le congrès de 64 pour lui est à la fois « rupture, évolution et transformation », ce qui le mène à la réflexion suivante : « Il faut toujours rester fidèle à ses racines et ne jamais s’y enfermer. »

Deux événements ont marqué Nicole, la décision prise par la CFDT de ne plus donner de consigne de vote à l’élection présidentielle et un article publié en 1986 par Edmond Maire. Il y développe sa conception de l’entreprise avec l’existence de deux logiques, la vision du chef d’entreprise et celle du salarié. C’est de la « confrontation dynamique entre ces deux logiques » que vont naître les avancées pour des transformations économiques et sociales.

Laurent revient sur l’importance de la Guerre d’Algérie pour la conception de la CFDT sur le droit à l’auto-détermination et sur l’émancipation des peuples, puis sur 1995, moment où la CFDT, en s’engageant sur l’assurance maladie, fait le choix de la solidarité. Les 35 heures symbolisent l’ambition de réduire le temps de travail mais « en considérant que le chemin est aussi important que le but ». Enfin, le moment où la CFDT a acquis la première place des organisations syndicales.

La conclusion a fait le lien entre le passé et le présent. En quoi l’Histoire permet-elle d’affronter les défis auxquels on doit faire face aujourd’hui ?

Vous pouvez revoir cette table ronde sur [Vidéo] Regards croisés sur cent ans d’engagement syndical

L’exposition du centenaire

En lien avec ce centenaire, la Confédération a conçu une exposition mettant à l’honneur les documents conservés par les archives confédérales et interfédérales. Cent affiches ou unes de presse illustrant un siècle d’actions syndicales. Cette exposition à ne pas manquer est visible jusqu’au 15 janvier 2020 à l’Espace Belleville, 4 boulevard de la Villette Paris 19e.

Annie Kuhnmunch

Les Journées Maitron

Chaque année se tiennent les Journées Maitron, moment de rencontre entre universitaires et rédacteurs de notices biographiques publiées dans le Dictionnaire biographique Mouvement ouvrier Mouvement social, appelé plus communément Dictionnaire Maitron, du nom de son initiateur, Jean Maitron.

Ces journées d’études ont eu lieu les 3 et 4 décembre à Aubervilliers sur le nouveau campus Condorcet qui accueille désormais le Centre d’histoire sociale des mondes contemporains. Au-delà de l’assemblée générale de l’association, ces journées sont l’occasion de poser des problématiques. La première : « Quand le privé est biographique ! Étudier et dire le personnel et l’intime dans les trajectoires militantes ».
La seconde a permis de présenter des usages possibles du Maitron tels que l’élaboration de sociobiographies à partir d’un corpus donné ou des expériences pédagogiques : « Enseigner avec le Maitron ».
Rappelons que les notices biographiques de militants des cinq premières périodes (1789-1968) sont consultables sur http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/