Les Gafam dans le paysage numérique et technologique d’aujourd’hui
La vente de nos données personnelles est une source de profits pour les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). Aussi, ils s’opposent à tous les outils open source gratuits.
L’acronyme Gafam est composé des premières lettres des entreprises américaines dominant l’économie numérique mondiale : Google (aujourd’hui Alphabet), Apple, Facebook (aujourd’hui Meta), Amazon et Microsoft. L’influence des autres géants comme TikTok en Chine ou Yandex en Russie n’est pas comparable.
Les questions que cela pose
Les intrusions dans notre vie privée apportent à ces entreprises une masse gigantesque de données personnelles. Ces données, qui permettent d’influencer nos modes de consommation, se vendent cher.
C’est d’autant plus inquiétant que ces entreprises sont toutes basées aux États-Unis, démocratie malmenée par leur président actuel. Il faut imaginer toutes les données contenues dans les courriels Gmail, les documents Word ou Excel, ou sur les serveurs Amazon hébergeant de nombreux sites web français. Chaque jour il y a de nouvelles manières de récupérer les données si les utilisateurs n’y font pas attention. Comme Google qui, avec son IA intégrée à Gmail, récupère – sauf si l’utilisateur décoche un paramètre – tous les contenus des mails conservés dans son compte.
L’utilisation politique des données
Il est frappant de voir l’évolution de la modération (*) dans Facebook et dans X (anciennement Twitter), racheté par Elon Musk, depuis l’élection de Donald Trump.
Il y a donc, au-delà de la question du recueil des données personnelles pour des raisons de profit, celle de leur utilisation politique. Le président américain avait d’ailleurs, lors de sa campagne de 2017, utilisé des données personnelles de citoyens américains pour les pousser à voter pour lui. Il faut aussi préciser que TikTok permet à la Chine de récolter les données personnelles d’1,7 milliard d’utilisateurs et d’influencer aussi le comportement de millions d’adolescents européens.
Une concurrence qui gêne les Gafam
Ces entreprises ont du mal à supporter la concurrence, notamment de la part des partisans des outils open source, fruits d’un apport collaboratif de milliers de personnes, sans recherche de profit. Ce sont deux visions qui s’affrontent sur un terrain qui n’est pas seulement économique, deux manières très différentes de concevoir le numérique. Cette opposition est permanente et profonde.
Comme exemple récent, Elon Musk a lancé Grokipedia pour concurrencer l’encyclopédie libre Wikipédia, qu’il taxe d’être « un outil de propagande d’extrême gauche ». Les différentes manières de s’affranchir des Gafam seront présentées dans un prochain Fil Bleu.
[Thierry Mouchard
(*) La modération désigne le processus de supervision et de régulation des interactions entre les utilisateurs sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne. Cela inclut la suppression de contenus inappropriés, le blocage d’utilisateurs perturbateurs et l’éducation des membres sur les comportements acceptables.
Ces géants proposent une multitude de services qui nous sont devenus familiers> Google : Chrome, Gmail (1,8 milliard d’utilisateurs), Android, YouTube, Google Pixel (smartphone), Gemini (IA), Hey Google.
> Apple : iPhone, iMac, iPad, iWatch, Airpods, iOS, MacOs, iTunes, Final Cut.
> Meta : Facebook (3 milliards d’utilisateurs), Instagram, WhatsApp, Messenger, Threads.
> Amazon : site de vente en ligne Amazon, Amazon Web Service, Amazon music, Prime video, Alexa, Kindle.
> Microsoft : Windows, Microsoft 365, Xbox, Edge, LinkedIn, Surface, etc.Ce ne sont là que les principaux produits appartenant aux Gafam. Les rachats de start-up, de nouveaux produits, sont courants. Aujourd’hui, c’est plutôt le domaine de l’intelligence artificielle qui fait le gros des rachats par les géants américains.
