Notre activité


Humanitude, une philosophie du soin et de la relation


Le 12e colloque Agevillage/Humanitude sur les approches non-médicamenteuses à Paris les 14 et 15 novembre avait pour thème : « Citoyenneté, solidarités, libertés, vers une société inclusive ». Beaucoup d’émotions, de vibrations et d’engagements pour accompagner la révolution de la longévité.

Ce colloque qui a réuni 1 000 personnes illustre des prendre-soin dignes avec des citoyens fragilisés par l’âge, la maladie, le handicap.
Agevillage est partenaire de la CFDT Retraités et du réseau de formation Humanitude qui labellise chaque année les établissements vertueux. Quelques enseignements et expériences.
Villes inclusives et solidaires, co-location de personnes malades Alzheimer, numérique, intimité, sexualité… un foisonnement d’initiatives ont nourri ces deux jours bienveillants.
Jacques Rastoul

La tendresse et l’acte gratuit

« Avec une main amie, nous pouvons dépasser la tristesse ». Pour l’Humanitude, la tendresse est au cœur du soin : donner et recevoir de la tendresse n’est pas un acte naturel, on prône plutôt la distance thérapeutique. Or des relations inspirées par cette affection sortent la personne accompagnée, souvent sans visite, de la solitude, voire de l’exclusion. Il s’agit de donner envie d’avoir envie, pour que la personne sente qu’elle existe par des actes et des gestes gratuits.

La musique ravive des capacités cognitives

L’art-thérapie par la musique ravive le sentiment de vie en s’adressant à la partie saine de l’individu. Claire Oppert, violoncelliste depuis 20 ans auprès de patients et résidents, le démontre. Les personnes touchées par son art l’expriment : « Merci, ça détend, ça relaxe. J’ai moins mal », « La profondeur du chant de votre instrument est plus belle qu’une prière » « Cela me donne l’esprit de vivre, c’est désangoissant ».

L’innovation dans le prendre-soin

Repérer les talents des plus âgés, plutôt que surprotéger les personnes fragilisées, c’est possible. Sandrine Guilbaud, directrice d’un Ehpad de la Drôme, en apporte la preuve avec humour et innovation au-delà des normes. Elle met en œuvre l’approche d’Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique qui prône « d’accueillir l’Autre dans ce qu’il a à nous confier ». Philippe Crone, formateur en Humanitude, réhabilite dans le même sens le projet d’accompagnement personnalisé (PAP) comme source de citoyenneté du résident en partant de ses désirs et des engagements qui en découlent pour l’établissement et la famille.

L’aide à domicile bientraitante

Des auxiliaires de vie à domicile qui deviennent des auxiliaires d’envie, c’est la réussite de l’association Alenvi inspirée du modèle Buurtzorg (soins de proximité) aux Pays-Bas. L’autonomie des professionnels et des patients est un axe essentiel. Prendre le café avant toute intervention est primordial pour instaurer des relations de qualité. Les auxiliaires d’envie travaillent en équipes autonomes. Elles gèrent leur planning, le recrutement, la relation avec les partenaires de santé. Ce modèle d’organisation dans l’aide à domicile produit des effets positifs sur le prendre-soin et la qualité du travail.

L’internationale du prendre-soin

Albeiro Vargas Romero, petit enfant d’un bidonville de Bolivie, venait secourir les vieilles personnes malades isolées, les soigner, les laver, les nourrir, dormir à leur côté, jusqu’à leur redonner vie. Un film et un livre sont consacrés à cette expérience unique. Adulte, il est venu témoigner de son combat pour l’amour et la dignité humaine. Combat qui se poursuit dans une maison de retraite modèle et par la formation de nouveaux enfants volontaires.
Ce changement de regard par l’intergénérationnel a aussi fait l’objet « d’un tour du monde de la vieillesse » réalisé par des jeunes et raconté dans des vidéos et l’ouvrage Oldyssey.

Pour en savoir plus

www.agevillage.com
voixpouralbeiro.com/notre-action/

Oldyssey, par Julia Mourri et Clément Boxebeld, octobre 2019, 17 €.