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Faire œuvre de justice au plus près des personnes dans les CCAS


À l’issue des dernières élections municipales, la CFDT Retraités a présenté de nombreuses candidatures dans les centres communaux ou intercommunaux d’action sociale (CCAS / CIAS). Plus de 160 militants assurent désormais cette responsabilité. Margaret, Anne-Marie et Gilbert ont récemment participé à un stage de formation organisé par la CFDT Retraités. Témoignages.

Après les élections municipales, la commune a fait appel aux associations pour composer le CCAS. Quelles raisons vous ont poussés à poser votre candidature ?

Anne-Marie se montre sensible au « travail de proximité qu’[elle] entend exercer au nom des retraités CFDT au sein du CCAS de [sa] commune de Saint-Vallier ». Pierre, lui, est ouvert aux questions d’accès aux soins des publics précaires : « J’avais proposé plusieurs actions envers ces publics, comme la gratuité des transports pour se rendre à un examen de santé. J’avais aussi suivi l’offre de soins dans le contrat de santé de ma commune. »

Anne-Marie Lavenir se dit effarée par les situations qu’elle découvre. (Photo MD)

En quoi la CFDT Retraités affiliée à une confédération syndicale est-elle légitime à siéger dans un CCAS ?

Selon Margaret, « la CFDT porte des valeurs d’égalité et de solidarité. Les CCAS, par leurs actions, contribuent à la solidarité envers les publics les plus démunis ». Pour Anne-Marie, « nous apportons la réflexion d’une confédération syndicale. Les actions menées par les CCAS nous permettent de connaître la réalité du terrain et pas uniquement celle des personnes âgées ».

Quels sont les problèmes les plus importants que rencontrent les retraités et les personnes âgées qui méritent une intervention des CCAS ?

Pour Gilbert, « les ressources, la santé, le logement, l’accès aux mutuelles » relèvent de questions essentielles. Et Margaret d’enfoncer le clou : « Le problème le plus important pour les PA est de conserver une certaine autonomie. Les postes d’aides à domicile, le portage des repas sont des services très importants. Les déplacements (aller chez le médecin, rendre visite au conjoint ou ami dans des maisons de retraite, aller porter des fleurs au cimetière) sont un véritable problème. Beaucoup de PA ne connaissent pas tous les services qu’elles peuvent solliciter. »

Comment le CCAS peut-il définir l’importance des besoins des publics en difficultés et les priorités ?

Margaret s’appuie sur « l’analyse de besoins sociaux (ABS) annuelle et obligatoire [qui] recense les besoins de la population ». C’est un document complexe, constitué de statistiques et de données factuelles. Il décrit la population de la commune (démographie), établit la situation des fragilités sociales (revenus, pauvreté, précarité socio-économique, difficultés d’emploi et RSA, santé et accès aux soins, habitat et logement social). Anne-Marie se montre quant à elle « effarée par les situations que nous découvrons et auxquelles, souvent, nous ne pouvons pas répondre efficacement ».

Margaret siège dans une ville de plus de 100 000 habitants. Quels sont les problèmes dans une grande ville ?

Margaret : « Dans une ville de plus de 120 000 habitants, le CCAS a un budget de presque 8 millions d’euros, et compte environ 300 employés. À chaque séance du CA, une dizaine de dossiers sont à examiner. Les mandatés ont 4 à 5 jours pour prendre en main les questions, consulter les UTR mandataires ou les syndicats locaux santé-sociaux. Faire entendre sa voix, surtout si elle n’est pas dans la ligne de la municipalité, est difficile. Nous multiplions les contacts avec des associations et avec les administrateurs issus de la mutualité ou d’autres institutions proches de nos valeurs. »

Selon Margaret Namura : "le problème le plus important pour les personnes âgées est de conserver une certaine autonomie". (photo MD)

Le lieu d’engagement d’Anne-Marie regroupe l’action sociale de plusieurs petites ou moyennes communes au sein d’un centre intercommunal d’action sociale : « Pour l’instant, le regroupement reste une utopie. Chaque municipalité utilise les actions menées comme argument pour sa réélection. Les réalisations sociales du CCAS n’échappent pas à cette règle. »

Gilbert Jérôme