Actu revendicative


La CFDT Retraités s’est invitée dans les législatives 2012


La CFDT Retraités s'est invitée dans la dernière campagne électorale pour les législatives. Non pour appeler à voter pour tel ou tel candidat, mais pour faire connaître à ceux-ci ses attentes, ses analyses et ses positions sur plusieurs dossiers chauds. La perte d'autonomie, l'accès aux soins, les basses pensions, le pouvoir d'achat, les inégalités hommes femmes (voir le dossier de Fil Bleu 219) ont ainsi eu droit de cité dans la période électorale. Bilan d'une campagne active.

« Faire connaître les retraités CFDT localement, identifier la CFDT comme syndicat de propositions… Espérons que les élus garderont ces dossiers et s’en serviront. Nous leur rappellerons notre démarche en temps opportun ! » Quelques mois après être passée à l’action, l’UTR Drome Ardèche est déterminée à prolonger une opération « Législatives 2012 » qui comme d’autres UTR, l’a largement mobilisée.

Chacun attendait une initiative. « Bien pensée », « accessible », « bien à la dimension des enjeux » et à un degré moindre, « mobilisatrice » et « indispensable » sont les premiers qualificatifs reconnus à l’opération qui a pu apparaître un peu lourde à gérer pour des UTR plus modestes. Les animateurs de la campagne souhaitaient frapper fort. Avec un objectif : que, circonscription par circonscription chaque candidat (ou au moins les principaux) puisse être rencontré durant une réunion de travail.

Investissement

De fait, beaucoup d’UTR ont décliné l’opération suivant leurs moyens. Rencontres des candidats ou de certains, voire, après les élections, des élus eux-mêmes. Séance de travail ou simple envoi des dossiers, distribution des tracts sur les marchés ou envoi de ceux-ci aux adhérents pour que localement ils soient en mesure d’interpeller les candidats… L’opération a pris plusieurs visages suivant les lieux.

De fait, près de 350 candidats de tous bords ont été rencontrés. En Ille-et-Vilaine, les entrevues ont été « courtoises ». Mais pour certains candidats, « les personnes âgées sont un monde nouveau ». En Eure-et-Loir : elles ont été « furtives ou entre deux portes ». Dans la Manche on souligne la bonne ambiance des séances de travail d’une heure trente. En Maine-et-Loire, certains candidats « se sont montrés surpris de notre connaissance du dossier. » Dans le Doubs on note avec intérêt l’attitude « de la candidate du Front de gauche qui abondait dans le sens des propositions CFDT. »

Par projection on peut estimer que 2 000 autres candidats ont localement été contactés. Les retours n’ont pas toujours été convaincants. « Les candidats ne sont pas concernés » constate le Bas-Rhin. « Beaucoup n’ont pas répondu, par manque de temps, disaient-ils : Nous avons aussi été déçus par le petit nombre de rencontres par rapport à l’investissement de départ. » confirme Drôme-Ardèche.

L’irruption des blogs

Les rencontres pouvaient suivant les choix des responsables départementaux se conduire en délégation CFDT Retraités (dans deux cas sur trois) ou en Intersyndicale. Dans le Lot-et-Garonne, on souligne le manque de mobilisation de l’intersyndicale. En Charente comme dans les Deux-Sèvres : « Il n’a pas été possible de s’entendre avec la CGT Retraités, celle-ci voulant porter ses seules revendications. » Et le Gard de constater que les réponses des candidats à l’intersyndicale sont restées minoritaires.

Difficultés également dans les relations avec les médias régionaux. Certaines UTR n’ont pas utilisé ce levier. D’autres manquent d’expérience. Mais en Alsace avec « les DNA, l’Alsace, l’Alsace 20, France3 » et dans le Vaucluse avec « La Provence, Vaucluse matin, La Marseillaise, Le Comtadin, le Midi Libre, France Bleu Vaucluse, France3 », on a fait le plein.

Il faut également souligner l’irruption des blogs. Nombre de candidats rencontrés ou contactés ont utilisé cette technique pour faire connaître à leurs amis et lecteurs leurs réponses, souvent détaillées, aux questions de la CFDT Retraités.

Des arguments à présenter

Exister dans une campagne « législative », c’est aussi rencontrer le public pour lui faire partager analyses et propositions. Près de 120 000 tracts ont été diffusés. Les réactions du public ? « Mitigées » en Charente et en Maine-et-Loire, « ouvertes » dans les Deux-Sèvres, « intéressées » dans le Lot-et-Garonne, « positives » dans l’Indre, « un peu méfiantes » en Ille-et-Vilaine et en Indre-et-Loire « car nous étions sur les mêmes marchés que les candidats », « favorables » en Territoire de Belfort, voire « très bonnes », en Loire-Atlantique « puisqu’il est revenu à ce jour (14 juin) six adhésions. »

Quel bilan tirent les UTR de pareil engagement ? En Saône-et-Loire, il reste « difficile de mobiliser les militants ». Et dans l’Indre : « cela représentait beaucoup de travail dans un temps relativement court. »

Mais pour deux UTR sur trois, cette opération nationale a atteint ses objectifs. Pour les responsables des Landes, elle a permis de préciser la « ligne de conduite ». « Les propositions de l’UCR serviront de cadre dans les instances où nous sommes représentés ». Selon les animateurs de Saône-et-Loire : « Il est toujours intéressant d’avoir des arguments à présenter lors de conférence de presse et lors de travail intersyndical. »

Immobilisme des politiques

Dans le Doubs, l’opération a permis de faire connaître de façon claire nos positions et nous avons des contacts à faire fructifier. » Idem dans la Manche : « cela a permis de faire connaître nos revendications et les positions de la CFDT et faire connaître au public les points de vue des candidats. » Et jusqu’en Loire-Atlantique où « nous avons popularisé l’UCR et nos revendications, et surtout nous avons mis chaque adhérent dans le coup. »

Au total, toutes les UTR s’accordent sur un point : à l’avenir la CFDT Retraités devra davantage participer au débat public. Jusque et y compris dans le débat interne propre à la CFDT. Pour l’UTR des Landes : « Relancer ce type de campagne tous les ans (ou 2 ans) pour mesurer le suivi, l’évolution des dossiers. On ne maîtrise ni les médias ni l’immobilisme des politiques. Par contre les documents préparatoires de l’UCR ont facilité la tâche. » Et l’UTR Drôme-Ardèche de lui faire écho : « La CFDT doit pouvoir affirmer ses choix politiques dans l’organisation de la Cité…. Nous ne demandons pas à la CFDT de dire pour qui il faut voter, mais dans quelles sensibilités politiques nous retrouvons nos valeurs, quel projet politique se rapproche de nos attentes, et semble répondre aux enjeux de la société. »

Daniel Druesne

Objectif de l’opération : rencontrer les candidats pour faire connaître les positions de la CFDT Retraités.
Annecy

Législatives : la CFDT crée le débat

Mardi 15 mai, la CFDT d’Annecy (union locale interprofessionnelle et union locale des retraités) ont réuni les candidats aux législatives et un collectif d’associations pour débattre du social en présence de 150 personnes.

Au rez-de-chaussée de la Bourse du travail, la salle Pierre Lamy était bien remplie. Les débats citoyens sont rares. Et la CFDT a su mobiliser des associations et des candidats à la députation de tous les partis, à l’exception du Front national, volontairement écarté.

Durant deux heures et demie, les représentants politiques ont répondu autour du thème du social décliné sous les angles de l’emploi, des discriminations et des relations Sud-Nord/Est-Ouest. Côté questionneurs, des associations issues des collectifs nationaux du Pacte social et du Pacte citoyen : CFDT, ATD Quart Monde, Fédération des œuvres laïques, CCFD, Mutuelles, Ligue des droits de l’homme, association de soutien au séjour des étrangers, Association des paralysés de France, association solidarité-perte d’autonomie 74… La salle n’a pas non plus été avare d’interrogations très concrètes.

Au final, un large débat ponctué de reportages vidéo et retransmis sur internet qui aura sans doute des prolongements sur des actions locales concernant notamment le logement de familles roms menacées de reconduite à la frontière. Cette soirée a contribué à enrichir le débat citoyen dans une agglomération et dans un département qui ne comptait que des parlementaires de droite. Les unions locales de retraités CFDT d’Annemasse et du Faucigny sont aussi allées à la rencontre des candidats pour les interpeller sur leurs projets en matière sociale.

J.-F. Cullafroz

Tous les partis politiques étaient invités à l’exception du FN
Associations et unions locales CFDT au coude à coude