Presse


Lettre aux médias n° 10 du 31 mai 2017


« En Marche » arrière ?

Chacun le constate, les dossiers « annexes » se trouvent mal traités tant qu’il n’y a pas de secrétaire d’État. Il faudra donc attendre les résultats des élections législatives pour connaître les noms et fonctions des éventuels secrétaires d’État, particulièrement lorsque les ministres ont un champ très large. C’est le cas d’Agnès Buzyn, nouvelle ministre des solidarités et de la santé. De fait, plus resserré, le premier gouvernement Philippe ne fait pas que des heureux !
Les plus vives inquiétudes se sont largement exprimées devant l’absence de ministre ou secrétaire d’État en charge des personnes âgées, de l’enfance, la jeunesse, le logement, la lutte contre l’exclusion, la politique de la ville. Autant de sujets qui concernent directement les Retraités CFDT dans leurs engagements sociaux et sociétaux et leurs réalités de vie.

Certes le décret n° 2017-1076 du 24 mai 2017 relatif aux attributions du ministre des solidarités et de la santé précise qu’il lui revient de « préparer et mettre en œuvre la politique du Gouvernement relative à la famille, à l’enfance, aux personnes âgées et à la dépendance. Il est compétent en matière de professions sociales. »
Il n’empêche.

Selon Étienne Pinte, président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale : « Toute société ne peut vivre de façon équilibrée et harmonieuse qu’à condition de respecter cinq fondamentaux : le logement, la formation, le travail, la santé, la communication. »

La CFDT Retraités insiste donc pour que ces absences soient comblées au plus vite. Sauf à considérer que ces sujets auraient abouti lors de la précédente mandature. Chacun en convient : C’est loin d’être le cas !

Plus encore, ce qui était acquis il y a quelques semaines ne l’est plus aujourd’hui. Le tiers payant qui devait être généralisé en décembre en 2017, est devenu « généralisable » ! « Il ne faut pas forcer tout le monde. Et donc le faire de manière volontaire, en proposant un tiers payant généralisable à tous les professionnels de santé qui y sont prêts et qui le souhaitent. Je ne le rends pas obligatoire. C’est volontaire » déclarait fin mars Emmanuel Macron.

Pour notre part, nous ne saurions cautionner un retour « En marche » arrière !

Dominique Fabre, Secrétaire générale de la CFDT Retraités

CSG : L’iniquité du projet gouvernemental

Le projet du Président Macron de créer une assurance chômage « pour tous » (salariés, commerçants, indépendants, etc.) annonce un véritable chamboulement. Aujourd’hui basé sur la notion d’assurance, le chômage deviendrait un risque universel, au même titre, par exemple, du risque maladie, qui concerne indifféremment toute la population. L’idée est de faire peser le financement de la protection sociale sur une assiette plus large que celle des salaires… avec un gain de 22 milliards d’euros.

Vouloir financer le chômage par la CSG, c’est-à-dire par l’ensemble de la population, dont une partie n’en bénéficierait pas - les retraités comme les fonctionnaires, soulève bien des questions. Le scénario de financement, tel que décrit à ce jour, prévoit de supprimer la cotisation salariale (3 % en tout) en contrepartie d’une hausse de la CSG, de l’ordre de 1,7 point tant sur les revenus d’activité et du patrimoine que celui des pensions de retraite. Ainsi les 8 millions de retraités dont les pensions sont assujetties au taux plein de 6,6 % verraient ce taux passer à 8,3 %. Plus de 60 % des retraités seraient ainsi appeler à y contribuer sans aucune contrepartie !

Pour les Retraités CFDT, la mise en œuvre d’une telle réforme de l’assurance chômage, mais plus généralement aussi la mise en œuvre du projet présidentiel, nécessitent des équilibres intergénérationnels mais aussi de l’équité de traitement entre retraités et salariés en matière de contribution et de droit.

Élections législatives : Rencontres avec les candidats

Dans le contexte électoral que nous vivons depuis plusieurs semaines, les membres de la CFDT Retraités ont une place à prendre et à occuper dans le débat citoyen, enrichis qu’ils sont de leurs valeurs, de leurs engagements, de leur capacité d’écoute, de leurs analyses, de leurs propositions et de leurs méthodes de travail. Solidairement avec tous les âges !

Durant la période des élections législatives, ils demandent aux principaux candidats de chaque circonscription de leur territoire quels sont les points de leurs programmes concernant les retraités. Mais ils déroulent pour l’occasion leur cahier revendicatif portant sur l’amélioration du pouvoir d’achat qui s’est détérioré ces trois dernières années, sur la réduction des inégalités hommes-femmes, sur l’accès aux soins, sur une vraie prise en charge de la perte d’autonomie, sur les conditions d’un vivre ensemble en société.

Ils le font avec l’exigence de ne pas se contenter de vaines promesses mais de revenir chaque année pour faire, durant toute la mandature, avec les intéressés, une évaluation claire de la mise en œuvre (ou pas) des points abordés. Et l’engagement d’en rendre compte devant l’opinion publique qui pourra ainsi mieux percevoir la capacité de la CFDT Retraités à dire « nous » en société !

Votre contact presse : Daniel Druesne CFDT Retraités 49 avenue Simon Bolivar 75950 Paris Cedex 19 - Mobile : 06 87 72 86 04