Presse


Lettre aux médias n°16 du 17 octobre 2012


Edito

Retraite, fiscalité, protection sociale : la paranoïa ?

Critiqués, malmenés, les retraités seraient-ils devenus les pieds bots de la société ? Que la Cour des comptes s’interroge sur le maintien de quelques avantages fiscaux les concernant et nous voilà considérés par l’opinion comme des nantis. Que des nuages apparaissent sur l’avenir des organismes de retraites complémentaires, et nous voilà des pieds nickelés.

En 48 heures, nous avons vu se confirmer et s’amplifier deux informations. L’une provoquerait une surestimation des capacités des retraités et l’autre annoncerait une panique prochaine.

Les raisons de la panique ? Fin 2011, les régimes complémentaires disposaient d’une réserve financière de 50 milliards d’euros. Avec le départ à la retraite de la génération du baby-boom, l’allongement de l’espérance de vie et la crise financière, ces réserves seront beaucoup plus sollicitées qu’on ne l’imaginait. La dégradation de l’économie a modifié la situation des régimes. Selon les dernières estimations des services de l’Arrco et de l’Agirc, si aucune mesure n’est prise, ces réserves seraient épuisées entre 2016 et 2018 pour l’Agirc et entre 2020 et 2022 pour l’Arrco. Les deux régimes seraient alors en déficit – une situation qui n’est pas prévue par les textes.

Et puis nous avons appris hier l’information selon laquelle le projet de loi de financement de la sécurité sociale est amendé et double de 0,15%, comme annoncé il y a trois semaines, à 0,30%, la contribution de solidarité à l’autonomie. Cette contribution sera prélevée dès le 1er avril 2013 sur les pensions des retraités imposables.

Pourquoi faudrait-il devenir les surfeurs des annonces sociales et réagir au coup par coup, en perdant par là même la trace et l’horizon de nos vies ? La trace qui nous rappelle d’où nous venons et l’origine universelle et solidaire de tous nos droits sociaux. Et l’horizon qui nous donne la perspective du « bien vivre » des générations à venir et des âgés de demain.

Selon Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT chargé des retraites « nous sommes dans une situation financière très grave. Aucune mesure d’économie envisagée ne finance le système à moyen terme. La crise économique met cruellement en évidence ce que nous disons depuis des années à la CFDT : il est absolument nécessaire de préparer une réforme globale des retraites avant de se trouver au pied du mur. » Réforme en profondeur des retraites donc.

La CFDT milite aussi depuis de nombreuses années, en faveur d’une réforme de la fiscalité qui rétablisse la justice et l’équité et assure une réelle progressivité de l’impôt. Et si certaines niches fiscales sont réellement utiles au regard de priorités clairement établies comme l’emploi ou la transition énergétique, gardons les ! Et retoquons les autres.

Nous pourrons alors étudier avec plus de sérénité les mesures qui, sans toucher aux retraités aux revenus modestes, devront comme pour tout citoyen, salarié ou indépendant, concerner aussi les retraités imposables. Pour peu que ces mesures soient justes, équilibrées et les ressources nouvelles affectées à des besoins nouveaux, pour des droits nouveaux comme la prise en charge solidaire de la perte d’autonomie.

La solidarité a, en société, sa trace et son horizon. Elle sait d’où elle vient. Elle sait ce qu’elle a rendu possible. Elle sait aussi ce qui l’attend. Et ce qu’elle attend de chacun d’entre nous.

Michel Devacht
Secrétaire général de l’Union confédérale CFDT des retraités


La contribution à 0,30 % sur les pensions de retraite

La CFDT Retraités exige des garanties pour que le prélèvement décidé de 0,30 % sur les pensions des retraités imposables finance bien la perte d’autonomie, dans le cadre d’une réforme à venir. La CFDT Retraités rejette toute autre utilisation, en particulier pour combler le déficit du fonds de la protection sociale.

Pour la CFDT Retraités, elle doit être impérativement dédiée au financement de la prise en charge de la perte d’autonomie. Après avoir mis à contribution les salariés, bientôt les retraités, cette nouvelle recette doit être prélevée sur l’ensemble des revenus, y compris ceux des professions non salariées (indépendants, commerçants et artisans) qui n’y contribuent pas depuis l’origine d’un certain « lundi de Pentecôte ». Pourtant, tous peuvent bénéficier d’une prise en charge de la perte d’autonomie.

Votre contact presse : Daniel Druesne
CFDT Retraités 49 avenue Simon Bolivar 75950 Paris Cedex 19
Mobile : 06 87 72 86 04 daniel.druesne chez retraites.cfdt.fr