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Luttons aussi en France contre l’esclavage moderne


Les médias se font de temps en temps l’écho de la découverte d’une situation intolérable d’esclavage moderne – 21 millions de victimes de par le monde selon l’Organisation internationale du travail.

Les formes en sont bien connues y compris en France aujourd’hui : prostitution y compris enfantine, esclavage domestique, mendicité forcée. Pourtant la communauté internationale s’est depuis longtemps mobilisée en adoptant entre autres, en 1930, une convention internationale du travail n°29 sur le travail forcé, largement ratifiée. Mais ce n’est pas suffisant. D’où l’adoption en 2014 d’un protocole additionnel à la convention renforçant la prévention, la protection et l’indemnisation des victimes.

Profitant de sa présence à Genève pour la Conférence internationale du travail en juin dernier, la ministre du Travail, Myriam El Khomri a remis à Guy Ryder, Directeur général du Bureau International du Travail (BIT), l’instrument de ratification de ce protocole devenant ainsi le septième pays à le faire.

On ne peut que s’en féliciter. Cette étape nécessaire doit en appeler d’autres, notamment la mise en œuvre effective du plan national d’action annoncé à grand renfort de tambours par le gouvernement en mai 2014. Or le rapport publié par la Commission nationale consultative des droits de l’homme le 11 mars dernier pointe, hélas, les insuffisances faute de moyens. Ratifier c’est bien et nécessaire. Se donner les moyens de combattre effectivement le travail forcé y compris chez nous, ce serait mieux.

Jean-Pierre Delhoménie

Jean-Pierre Delhoménie