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Menaces sur le droit d’asile


Dans les années 1970 il y a la vague des Argentins, des Chiliens, des réfugiés du Sud-Est asiatique. Aujourd’hui ils viennent de Syrie et d’Erythrée. Ils ? Les demandeurs d’asile ! Gaby Prieur les accompagne et veut faciliter leur intégration.

En 1977, à Meudon (92), un groupe de chrétiens rencontre des exilés argentins victimes de la répression. Très vite les membres du groupe prennent conscience de la multiplicité des problèmes que rencontrent les demandeurs d’asile. En 1979, le groupe se constitue en association loi 1901. Le GAS est à Villejuif (94) depuis 2002. En 1981 : premières restrictions au droit d’asile. Introduction de visas d’entrée et durcissement du dispositif administratif. Le GAS s’oriente vers la recherche de lieux temporaires d’accueil pour les nouveaux arrivants, devant leur permettre d’obtenir un premier titre de séjour en qualité de réfugiés.

La Convention signée à Genève le 28 juillet 1951 par de nombreux pays, dont la France, stipule : « Le terme de réfugié s’appliquera à toute personne craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, et qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, du fait de cette crainte, ou ne veut se réclamer de la protection de ce pays… ». Le droit d’asile est garanti en France par la Constitution qui dispose que « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». Dès lors, les statuts du GAS en découlent : « le but poursuivi par l’association est d’aider ses membres à concrétiser leur solidarité (…). Cette solidarité s’exerce en particulier par l’accueil en France de ceux qui sont venus pour y chercher un asile politique et par la défense du droit d’asile. »

22 % des demandes

La défense du droit d’asile est un problème distinct de celui de l’immigration. Et le respect des dispositions de la Convention de Genève est une question de démocratie. En se développant, l’action du GAS est devenue plus transversale : depuis le premier contact lors des permanences, la recherche de logements, la fourniture de meubles et d’équipement ménager, jusqu’à l’accession à un logement durable. Ainsi chaque bénévole, suivant ses compétences, ses préférences et sa disponibilité, peut participer à l’action de l’association et rencontrer des réfugiés à chaque étape de leur intégration.

Le GAS dispose d’une trentaine de logements loués à des particuliers, dans lesquels il assure l’hébergement temporaire de familles, le temps pour elles d’obtenir un logement durable. Important travail d’écoute. Sur l’accès au logement durable, le GAS travaille avec des associations locales, comme Solidarité nouvelle pour le logement dans le 91 et le 94.

En 2014, le financement a été assuré à 55 % par les dons des sympathisants. Autre poste : les subventions, dont le Fonds européen Asile Migration : 24 %. En 2013 ce Fonds représentait 47 % des financements. L’Europe est très en retard dans le règlement des subventions qu’elle accorde. Le GAS attend encore le reliquat de plus de 50 000 € pour les années 2011 et 2012 ! Il emploie 6 salariés (2 chauffeurs à temps partiel, 1 comptable en alternance et 3 juristes). Il reçoit aussi régulièrement des stagiaires en fin d’études de droit.

Les admissions sur le territoire sont souvent source de polémiques. En 2014, suivant le ministère de l’Intérieur lui-même, la France avait reçu 64 811 demandes d’asile. Elle a accordé le statut de réfugiés à 14 589, soit : 22 % des demandes.

Gaby Prieur

Gaby Prieur, militante CFDT du secteur bancaire, retraitée de l’UTR CFDT de Paris, est engagée dans les actions du GAS depuis 2005. (Photo DR)
Contact : www.gas.asso.fr