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Métiers du grand âge, enfin une reconnaissance !


La CFDT salue la sortie du rapport de Myriam El Khomri sur l’attractivité et l’évolution des métiers du grand âge.

Difficultés de recrutement, turn-over en hausse, conditions de travail très dégradées, faibles rémunérations, ce rapport attendu pointe la faible attractivité des emplois alors que les besoins d’emplois n’ont jamais été aussi importants. Ce rapport approuvé par la CFDT vise surtout le métier d’aide-soignant en Ehpad et d’accompagnant à domicile. Les personnes en perte d’autonomie et leurs proches attendent cette évolution.

La CFDT, par la voie de la Confédération et des trois principales fédérations CFDT concernées (Santé Sociaux, Services et Interco), salue la sortie du rapport de Myriam El Khomri sur l’attractivité et l’évolution des métiers du grand âge. Pour Jocelyne Cabanal, secrétaire nationale de la CFDT, « il ouvre enfin des pistes pour sortir de la crise dramatique que connaît le secteur ». Yves Vérollet, secrétaire national de la CFDT Retraités et auteur de rapports sur ce sujet, rejoint cette préoccupation : « Les personnes en perte d’autonomie et leurs proches aidants pour être bien traités ont besoin de cette revalorisation. Les métiers des services aux personnes ne sont pas reconnus à la hauteur de tout ce que recouvrent leurs compétences et les évolutions attendues dans leur formation initiale et continue. »

Des métiers de sens qui donnent du sens

Myriam El Khomri insiste sur ces métiers de relations humaines mal connus et déconsidérés dans notre société, qui plus est lorsqu’il s’agit d’emplois occupés massivement par des femmes et pour des publics vieillissants jugés inutiles au plan social et économique. Pour l’ex-ministre du Travail « ces métiers de sens qui donnent du sens, ne peuvent s’exercer sans évoluer dans un cadre bienveillant ». Côté effectifs, 93 000 postes supplémentaires à créer sont nécessaires dans les cinq prochaines années. Pour pourvoir les postes vacants, 260 000 professionnels devront être formés sur cette même période.

Les orientations proposées

Complémentaires du rapport Libault pour la future loi Grand âge et autonomie, voici les autres priorités du rapport qui propose 59 mesures :
Assurer de meilleures conditions d’emploi et de rémunération. 17 % des salariés sont en situation de pauvreté.

Donner une priorité forte à la réduction de la sinistralité et à l’amélioration de la qualité de vie au travail. Les accidents du travail et les maladies professionnelles sont trois fois supérieurs à la moyenne nationale. Quatre heures de temps collectif par mois entre professionnels pour échanger sur les bonnes pratiques.

Moderniser les formations et changer l’image des métiers.

Réduire drastiquement l’éventail des diplômes reconnus dans le champ de l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie, développer la VAE (validation des acquis de l’expérience), la formation en alternance et la formation spécifique en gérontologie.

Innover et transformer les organisations du travail, les démarches innovantes telles que les équipes autonomes, les nouvelles approches d’accompagnement, les pratiques avancées en gérontologie.

Garantir la mobilisation et la coordination des acteurs et des financements dans le territoire et permettre la mise en place de plateformes départementales des métiers du grand âge.

Le coût de ces mesures est évalué à 825 000 euros, dont 450 000 euros pour les créations de postes.

La CFDT est prête à s’investir dans les concertations et la conférence sociale annoncées par la ministre Agnès Buzyn. Elle invite le gouvernement, comme les départements, à s’engager. Les moyens financiers sont attendus. Il s’agit de « prendre toute la mesure pour recruter, revaloriser et rémunérer les professionnels à la hauteur de ce qu’ils assument pour préserver la dignité de nos aînés ». L’effectivité de grande loi annoncée sur la perte d’autonomie en dépend. Il y a urgence.

Jacques Rastoul

Les métiers de services aux personnes ne sont pas reconnus.