Actu revendicative


Réinventer la démocratie ?


Les sondeurs se frottent les mains à l’approche des échéances électorales. Les informations qu’ils tirent de leurs études d’opinion sont le plus souvent passionnantes.

Ainsi, pour les municipales, les Français priorisent, selon une enquête Harris Interactive pour Acteurs Publics, les questions ayant trait à leur quotidien : services publics, action sociale, emploi, développement économique… Ils citent également la préservation de l’environnement ainsi que les dépenses et impôts locaux. La notion de sécurité prend, quant à elle, plus d’importance.

On sent également poindre une demande plus inattendue : celle d’une « écoute attentive des “petits”, notamment à travers la participation accrue des citoyens aux décisions ». Derrière pareille formule, il peut y avoir le pire si l’on cherche à opposer les populations. Il peut y avoir aussi le meilleur si l’on vise à les réconcilier. Et là, une fois les élections passées, selon le principe de la démocratie élective, tout reste à faire. Place à la démocratie participative pour un mieux-vivre ensemble en société !

Le citoyen perplexe

Tout adhérent de la CFDT sait trop la capacité de la « démocratie sociale » en entreprise à produire de la norme sociale.

Et s’il ne s’agit pas de remettre en cause le principe de la démocratie élective qui donne à une majorité, selon les propos de Marcel Grignard, « le pouvoir et la légitimité de décider unilatéralement, avec pour seule limite le respect des normes internationales, nationales et de la Constitution », il revient à chacun d’être un artisan de la démocratie participative.

Celle qui ne cherche pas à opposer les camps ni à imposer des décisions unilatérales, mais qui, sur la base d’un état des lieux solide et approfondi, porte localement l’expression des citoyens, propose des solutions, vérifie la pertinence de ses propositions, les inscrit dans une histoire pour faire société.

Certains n’hésitent pas à dévoyer la méthode contre l’évidence. « On sait pertinemment que les Roms ne constituent qu’une petite minorité en France, que l’impact des immigrés sur le taux d’emploi est presque nul, que l’immigration coûte moins cher à l’État qu’elle ne lui rapporte, que la France n’est pas le premier pays d’accueil en Europe », analyse Alexandre Dézé (1). Crise de l’autorité imposée, de la compétence rejetée, de l’information banalisée ? La perplexité envahit le citoyen. La démocratie est à réinventer. Belle revendication syndicale !

Daniel Druesne

(1) In La revue CFDT n° 3