Stats et études


Toujours de fortes disparités dans les zones urbaines sensibles


L'Insee vient de publier une étude comparative sur l'évolution de la situation dans les zones urbaines sensibles (ZUS) entre 1999 et 2006. Le constat ne repère pas d'améliorations. Inquiétant.

Malgré les multiples politiques mises en œuvre depuis des décennies, la « fracture sociale » demeure forte voire s’amplifie dans les zones urbaines sensibles (ZUS). Et les populations sont en première ligne dans ce triste bilan.

Instaurées en 1996, les ZUS constituent le territoire de base de la politique de la ville. En 2006, 4,4 millions de personnes y vivent, soit 7% de la population française.

En comparaison avec leur unité urbaine (la ville qui les entoure), la part des plus jeunes de moins de 6 ans est supérieure d’un tiers. Et celle des moins de 20 ans d’un quart. De même, les femmes de 23 à 30 ans sont plus nombreuses en ZUS.

A l’inverse la part des personnes de 60 ans et plus est inférieure d’un quart. Les ménages composés de 5 personnes ou plus sont 12,7%, soit près du double de la réalité environnante.

Les familles monoparentales sont nettement plus fréquentes : 25,7% contre 15,8%.

Trois fois plus sont locataires en HLM (60%). Le parc de logements est à 86% collectif contre 64%. Et paradoxe, les logements de cinq pièces et plus y sont plus rares alors que les ménages concernés y sont surreprésentés.

Le taux d’activité des 25-49 ans est inférieur de 7,2 points. Les jeunes sont d’une manière générale très touchés par un chômage qui peut parfois dépasser les 40%. Cette différence est particulièrement marquée chez les femmes de la même tranche d’âge notamment pour celles peu ou pas diplômées.

La formation dégradée

Tendance particulièrement inquiétante, l’écart du niveau de formation entre ZUS et le milieu urbain proche a augmenté de 2,6 points entre 1999 et 2006. La moitié – contre un tiers – des habitants ne disposent d’aucun diplôme supérieur au brevet des collèges. Et la part des diplômes universitaires est deux fois plus faible. Bien évidement cette situation rejaillit sur l’emploi.

Cette vision confirme celle récente de la mission d’évaluation sur l’emploi des jeunes. Elle souligne l’immensité du chemin qui reste à parcourir pour rapprocher la situation des populations des ZUS à celle de l’ensemble du territoire national.

Jean-Paul Rueff