Action internationale


Un fait divers au Bangladesh ?


À des milliers de kilomètres d'ici et plus précisément à Dacca, capitale du Bangladesh, des immeubles abritent des ateliers de confections. Des hommes, des femmes et des enfants y travaillent pour des salaires de misère. En avril et mai derniers l'un d'entre eux s'est carrément effondré et un autre a été la proie d'un incendie. Résultat : plus d'un millier de morts.

Les responsables de ces catastrophes ne seront probablement jamais connus et encore moins condamnés. Et pourtant nous les connaissons. Les employeurs (et les États qui les hébergent) d’abord qui exploitent sans vergogne une main d’œuvre qui ne dispose d’aucune défense.

Ensuite les grandes et petites marques qui ne veulent rien voir d’autre que le profit qu’ils peuvent tirer de cette exploitation. Mais les responsables sont aussi à rechercher parmi les consommateurs des pays occidentaux. Nous qui pleurnichons devant les gros ventres des enfants mal nourris mais qui n’hésitons pas à acheter nos fringues sans trop nous soucier de leur provenance et dans quelles conditions elles ont été faites.

À des milliers de kilomètres des hommes, des femmes et des enfants risquent chaque jour la mort pour que nous puissions assouvir à moindre coût nos caprices de consommateur. Un scandale ? Même pas. Tout au plus un fait divers.

Guy Gouyet