Actu revendicative


Une chaine de solidarité avec Méandres


Le choc d'une rencontre, des appuis locaux, la volonté d'une jeune aveugle... il n'en fallait pas plus pour créer autour de Vang, une jeune fille du Nord-Vietnam, une chaine de solidarité qui la sortira de son sort. Et ouvrira tous les acteurs de cette histoire aux discriminations qui frappent la communauté Hmong.

Thérèse et Didier Fillastre sont militants à l’Union territoriale des retraités (UTR) CFDT de l’Eure.

Voilà un an, ils partent au Vietnam, chargés de retrouver une jeune fille aveugle, filmée en 2008 par Jacques Daniel, un ami, qui avait remarqué Vang alors qu’elle vendait des objets d’artisanat aux touristes, au marché de Sapa, dans le nord du pays.

Vang, appartenant à la minorité Hmong persécutée, ne parlait alors que son dialecte et n’était pas allée à l’école du fait de son handicap.

Une fois rentré en France, Jacques s’interroge : comment aider cette jeune fille et sa famille pour que son avenir ne soit pas toute sa vie dans la vente de « babioles » ?

Avec ses rushes de voyage, il décide de monter trois DVD qu’il vend aux amis et collègues et récolte 1 000 euros. Mais comment transférer cette somme à Vang et sa famille ? Il s’adresse à plusieurs associations spécialisées sur l’aide au Vietnam. Sans résultat.

C’est alors que Jacques propose à Thérèse et Didier de prendre le relais, de partir avec les 1 000 euros pour les remettre à cette famille dont personne ne connaît ni le nom ni l’adresse.

Thérèse et Didier entrent en jeu : « Nous avons alors recherché et trouvé par Internet l’association « Méandres » qui a un correspondant dans le Nord-Vietnam. Elle est guide francophone et accompagne des groupes de touristes à travers le pays.

Interrogée sur cette jeune fille et la possibilité de la retrouver, elle dit la rencontrer chaque fois qu’elle va à Sapa. Le hasard faisant bien les choses, « elle sera à Sapa avec un groupe de Lyonnais en mars au moment où nous y serons. »

Résistance

Rendez-vous est donc pris avec la guide à Sapa qui prendra contact avec Vang et sa famille. Le président de l’association sera lui à Hô-Chi-Minh-Ville, ancienne Saigon, à la date à laquelle nous débarquons.

Nous décidons ensemble d’ouvrir un compte épargne dans une banque de Saigon et d’y déposer les 1 000 euros qui pourront être débloqués au fur et à mesure des besoins par un responsable de l’association Méandres.

Mais comment venir en aide à cette jeune fille et à sa famille ? Nous ne voulons pas faire don des 1 000 euros sans qu’il y ait un projet professionnel qui la sorte de ce quotidien.

Selon la guide, cela commence par l’apprentissage du vietnamien qu’elle ne parle pas et par l’acquisition d’un premier niveau d’anglais. Les parents de Vang se laissent convaincre de la laisser partir pour suivre ces formations.

À Sapa, une association « Sapa Ochau » scolarise les enfants Hmongs. Vang entre dans son centre en internat dès le début avril pour y apprendre le vietnamien qu’elle parle maintenant. Et elle poursuit par l’anglais.

Elle va même être embauchée par le centre, pour répondre au téléphone et vendre dans la boutique les produits artisanaux de la région.

Nous avons régulièrement des mails et des photos qui nous montrent une Vang épanouie et heureuse.

Thérèse et Didier Fillastre

Méandres pour suivre l’opération Vang

Association humanitaire française, « Méandres » s’est fixé comme objectif d’aller à la rencontre du Vietnam et de ses habitants. Son soutien porte notamment sur l’amélioration de l’équipement des orphelinats et écoles, l’aide aux aveugles, le relogement de familles dans la nécessité, le soutien des étudiants méritants et l’aide de première nécessité lors de catastrophes naturelles.

Deux sites à consulter  : www.meandres.com et www.sapaochau.org

Devant la maison des parents de Vang.