Actu revendicative


Vacances 2013 : un Français sur deux est resté à quai


Dans un contexte économique particulièrement défavorable on ne pouvait que s'attendre à une nouvelle baisse de l'accès aux vacances. La tendance enregistrée depuis plusieurs années s'amplifie.

Selon que l’on inclut les courts séjours à partir de trois ou quatre nuits consécutives hors de chez soi ce sont respectivement un bon tiers (38%) ou la moitié (52%) des Français qui n’ont pas pris de vacances cet été. Cette année apparait comme historiquement basse avec trois millions supplémentaires de Français qui ne sont pas partis.

5 millions auraient ainsi renoncé à des vacances d’été depuis 3 ans. Un chiffre plus important qu’en 2009 au plus fort de la crise. Seuls 40% des ouvriers prennent des vacances contre 70% de cadres supérieurs. Cette inégalité face aux vacances touche largement les enfants : un sur trois ne part pas en vacances. Les retraités n’échappent pas à cette évolution même si les jeunes retraités restent une des tranches d’âge qui prend plus d’une trentaine de jours en moyenne.

Autre constat d’évidence, la baisse significative du budget, de l’ordre de 11 ou 12% par rapport à l’an dernier pour l’ensemble des départs de l’année. Ainsi 47% des personnes interrogées ont dépensé moins que les deux années précédentes. Parmi les ménages décidés à partir, 13% se disaient prêts à écourter leur séjour, 29% à choisir une destination moins onéreuse.

Étaient aussi envisagées les réductions de certaines dépenses telles les loisirs (pour 32%), le logement (30%), l’alimentation (28%) ou encore le transport. Le resserrement budgétaire entraîne également la réduction de la durée moyenne des séjours désormais à 11,5 jours contre 12,5 l’an dernier.

Reculs spectaculaires

Le choix des lieux de destination s’en ressent fortement. Ainsi les séjours dans les grandes villes européennes sur un long week-end ou vers la Méditerranée sont de plus en plus prisés. L’insolite à petits prix marque aussi une progression avec notamment des hébergements en cabanes ou le tourisme fluvial. Parmi les destinations de proximité on constate cependant un recul des pays du Maghreb, lié bien évidemment aux situations politiques locales.

Ce phénomène touche l’ensemble de l’Europe où seules 54% des personnes questionnées envisageaient un séjour d’été, soit le taux le plus bas des dix dernières années. En deux ans, l’Espagne (- 23 points) et l’Italie (- 25 points) enregistrent pour leur part des reculs spectaculaires.

Jean-Paul Rueff

52% des Français n’ont pas, cette année, bénéficié du bel été (photo D. Druesne)