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Verdun, bataille emblématique de la Grande Guerre


Le 29 mai 2016, une cérémonie a rassemblé le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel pour commémorer le centenaire de la bataille de Verdun. Cette cérémonie s’inscrit ainsi dans une suite d’hommages mémoriels qui font de Verdun un lieu privilégié de la réconciliation franco-allemande.

Au début de 1916, la guerre dure depuis dix-huit mois. 700 000 Français sont morts, les survivants s’enterrent dans la craie, l’argile, la boue des tranchées et le front balafre la France de la mer du Nord à la Suisse. Le chef d’état-major allemand, Falkenhayn, décide de concentrer ses forces sur le champ de bataille devant Verdun.

Le 21 février au matin, une canonnade d’une violence inouïe s’abat sur un front d’une dizaine de kilomètres. Falkenhayn espère effectuer la percée en une journée mais les Français pourtant très inférieurs en nombre résistent. Puis, le général Pétain, nommé par Joffre, renforce la défense : une noria de camions achemine à travers une voie unique, la Voie sacrée, hommes et matériels. Jusqu’au 15 décembre, une bataille atroce s’engage. 80 % des tués ou blessés le sont par l’artillerie : 60 millions d’obus tonnent, déchirent et pulvérisent hommes et matériels. Après dix mois de combats, la ligne de front est pratiquement inchangée mais les pertes, en nombre quasiment égal pour les deux camps, s’élèvent à 300 000 morts et 400 000 blessés.

Verdun reste pour les Français la grande bataille de la guerre et pourtant ce n’est pas la plus sanglante, la Somme ou le Chemin des Dames sont plus coûteux en hommes. Pourquoi avoir fait de Verdun un symbole ? D’abord parce qu’en ce lieu, les combats sont uniquement franco-allemands. Ensuite par le « système du tourniquet » les trois quarts des régiments français, dans une grande égalité républicaine, combattent à un moment ou à un autre à Verdun. Enfin, la souffrance effroyable des Poilus, les villages rasés, les paysages bouleversés témoignent de l’héroïsme des combattants. Cet esprit de détermination contre l’envahisseur est symbolisé par une sculpture saisissante sur la colline disputée du Mort-Homme : un squelette, dressé hors de son suaire, brandit le flambeau de la victoire. Sur le socle du monument l’inscription proclame : « Ils n’ont pas passé ».

Après Verdun

Verdun devient très vite lieu de mémoire. En 1920, on choisit à Verdun la dépouille du soldat inconnu inhumé sous l’Arc de Triomphe. Sur le champ de bataille, à Douaumont, est construit en 1932 un ossuaire qui accueille les restes mêlés et anonymes de 130 000 soldats français et allemands. Puis, 36 millions d’arbres sont plantés dans la zone sanctuarisée où reposent encore 80 000 corps. En 1967, un musée est créé à Fleury devant Douaumont, un des villages disparus. Entièrement rénové, agrandi, le Mémorial de Verdun a ouvert le 21 février 2016 et présente désormais le conflit d’un point de vue franco-allemand.
En effet, si Verdun symbolise les désastres de la guerre, Verdun devient aussi le lieu privilégié de la réconciliation franco-allemande. Cette réconciliation, initiée par le général De Gaulle et le chancelier Adenauer, dès la fin des années cinquante, va s’approfondir et trouver son image forte dans ce qu’on appelle « le geste de Verdun » en 1984. François Mitterrand et Helmut Kohl, recueillis, se tiennent par la main au cours d’une cérémonie à la mémoire des victimes de guerre. De même, les cérémonies du centenaire de la bataille de Verdun, en associant la France et l’Allemagne, dépassent les conflits passés et poursuivent la construction d’une Europe en paix.

Françoise Berniguet

Gouverner en temps de guerre

À l’occasion des cérémonies franco-allemandes pour commémorer le centenaire de la bataille de Verdun, le Service d’information du Gouvernement a produit un webdocumentaire sur un aspect méconnu de la Grande Guerre : le fonctionnement de l’État et des institutions pendant le conflit. À partir de documents d’archives iconographiques et audiovisuels rares ou peu connus, Gouverner en temps de guerre raconte l’exercice du pouvoir de 1914 à 1918, entre comités secrets, « chasse aux embusqués » et Union sacrée.