Actu revendicative


« Vivre chez soi, parmi les autres »


Le titre du 17e rapport « Habitat et vieillissement » du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées est sans ambiguïté : « Vivre chez soi, mais vivre parmi les autres ». Et ce n'est pas antinomique !

L’objectif du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées est clair et ambitieux : « Il s’agit de faire en sorte que toute personne, quelles que soient son âge et les éventuelles pertes de capacités qu’il induit, et quel que soit son niveau de ressources, puisse bénéficier de conditions d’habitat lui permettant de vivre dans la sécurité, le confort et d’entretenir des liens sociaux diversifiés. »

Partant de ce postulat, le rapport essaye de rendre compte de la diversité des réponses existantes en matière d’habitat des personnes âgées. Ce constat met en évidence l’inadaptation de nos systèmes d’habitat et l’obsolescence de leurs financements cloisonnés. Comment construire un habitat adapté au vieillissement ?

Il s’ensuit plusieurs propositions pour tout mode d’habitat privé ou social, indépendant ou en établissement, mais aussi pour financer la dépendance, pour prendre en charge le coût logement des Ehpad, pour développer une offre de logements-foyers non médicalisés et pour promouvoir une réforme d’ensemble dans chaque bassin d’habitat.

Souplesse

Pour financer, la dépendance des personnes accueillies en Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) il ouvre plusieurs pistes. Il propose de regrouper en une seule aide à la dépendance, ASH (aide sociale à l’hébergement), APA (allocation d’aide personnalisée) et aide fiscale. Il suggère d’affecter au même tarif tout ce qui n’est ni soin ni logement. Il avance l’idée de prendre en compte la capacité réelle de la personne à assumer une partie des dépenses, de repenser la répartition entre solidarité collective et solidarité familiale dans un souci de justice et de prise en compte des évolutions sociétales.

Privilégier l’intérêt de la personne avant le respect de la norme administrative, aujourd’hui complexe et injuste, cela nécessite de mieux coordonner les différentes aides. La priorité au « maintien à domicile » doit s’appliquer aussi au sein des établissements.

Pour développer une offre de logements-foyers non médicalisés, il propose, dans les territoires, de planifier une augmentation du nombre de place en logements-foyers non médicalisés. Au niveau national, il s’agit de mobiliser les aides à la pierre pour la construction et la réhabilitation des logements-foyers, de mettre en place un forfait économie, de relever la limite du GMP (le plafond de dépendance moyenne applicable aux établissements non médicalisés) pour l’appliquer avec souplesse.

Vraie révolution

Car même si une majorité de personnes âgées en logement indépendant sont propriétaires, la propriété ne les met pas à l’abri de la pauvreté (logement défectueux, mal chauffé, inadapté, isolé…). Il propose un programme spécifique de l’ANAH (Agence nationale de l’amélioration de l’habitat) pour le paiement des travaux avec possibilité d’un prêt à gager sur la valeur du bien.

Les personnes âgées sont de plus en plus présentes parmi les locataires HLM ainsi que parmi les demandeurs de logement sociaux. Le logement social doit s’adapter à sa nouvelle clientèle.

Le nouvel habitat pour être un facteur de protection, devra tenir compte des grands réseaux de sociabilité, qu’ils soient familiaux, professionnels, associatifs, amicaux ou de voisinage. Un vrai challenge pour créer la possibilité d’être chez soi, de pouvoir décider de qui on reçoit, de ce que l’on y fait, de la façon dont on l’aménage, quels que soient ses revenus, son âge et ses handicaps. Une vraie révolution pour résoudre les problèmes d’isolement qui croissent avec l’âge.

Danielle Rived

Pour en savoir plus :

ww.hclpd.gouv.fr/