Stats et études


« Votre femme a fait un AVC : elle est aphasique ! »


Cela peut arriver à n'importe qui, n'importe quand, n'importe où ! Un accident vasculaire cérébral, et c'est peut être l'aphasie : une perte de la parole et du langage qui devient vite enfermement sauf à devenir, comme Yves Ramier et Anne son épouse, membres fondateurs du groupe des « tchatcheurs toulousains ».

« Vous avez eu de la chance dans votre malheur ». C’est ainsi que j’ai appris dans les couloirs de la clinique ce qu’avait eu ma femme. Une « chance » que ce que ce soit arrivé au cours d’une banale consultation !

Que se serait-il passé si, comme je le faisais professionnellement à l’époque, j’étais parti le matin, revenu le soir ou le lendemain soir ?

Puis c’est l’angoisse. Sortira-t-elle du coma ? Si oui, quand et dans quel état ? Puis le diagnostic tombe : aphasie et hémiplégie. Il me faut réorganiser toute la vie quotidienne, m’occuper de nos enfants de 9 et 12 ans pour l’école, tenir ma fonction dans mon entreprise, manger entre midi et 13h avec ma femme et idem le soir, au centre de réadaptation, vérifier le chantier de construction que ma femme devait suivre. « Annus horribilis » comme aurait dit pour autre chose, la reine d’Angleterre...

Orthophonie, kinésithérapie, ergothérapie : passage du non-verbal au verbal. Une pression de ma main pour un « oui », deux pour un « non ». Des sons, puis un mot. Puis un verbe à l’infinitif, puis un sujet + verbe + complément.

Onze ans après, la verbalisation est revenue, avec des mots sur lesquels elle bute. Mais elle a réapprivoisé le téléphone. Le mieux est bien réel pour le handicap verbal.

Par contre, aucune amélioration pour l’hémiplégie. Anne ne peut que se lever pour détendre le dos, sans plus. Mais comme elle voulait être autonome, elle a un véhicule adapté pour la conduite. Et quelle joie de la voir s’occuper du jardin, cuisiner, faire du canevas, conduire (le tout de la main gauche puisque l’hémiplégie est à droite). Elle a la « niaque ».

Une adresse, un site

Nous avions un passé de militants associatifs, et syndical aussi pour moi. Nous avons donc créé en 2001 une association qui s’est bien développée : le groupe des « aphasiques tchatcheurs du Toulousain ». Anne en est la présidente, et moi … l’assistant spécial de la présidente chargé du bulletin, des relations extérieures.

Nous sommes une quarantaine maintenant avec des activités régulières. Nous avons la satisfaction de voir des aphasiques progresser, et des amis heureux de l’épanouissement de leur conjoint dans une nouvelle relation sociale qu’ils s’interdisaient ou n’osaient pas avoir.

Si vous qui connaissez des aphasiques, des orthophonistes, des neurologues, faites leur connaître l’existence de ce groupe qui, au-delà de l’agglomération toulousaine, peut couvrir l’ensemble de Midi-Pyrénées. Nous prendrons contact avec vous.

Yves Ramier

La Fédération nationale des aphasiques de France

Pour ces 40 groupes - d’autres sont en cours de création - le souci est double. En externe, faire connaître l’aphasie et les aphasiques. En interne, nous aidons nos proches, aphasiques, à progresser, à sortir de chez eux, à parler, avec l’assistance de nos orthophonistes qui sont nos premières interlocutrices. Les groupes sont en réseau (www.aphasie.fr).

Pour nous joindre :

contact@aphasie-toulouse.fr :
www.aphasie-toulouse.fr

Anne, la présidente, et Yves son « assistant spécial » de mari (à droite)