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Voyage en Afrique du Sud


Nous sommes allés pour la première fois dans ce pays une quinzaine de jours en vacances. Si la situation politique et sociale est une source d'intérêt pour nous, bien d'autres éléments militent en faveur de ce voyage : son histoire et la diversité de ses peuples, ses paysages variés, l'immensité de ses parcs animaliers.

Apartheid ! Ce mot fait froid dans le dos. Nombre d’entre nous ont manifesté dans les années 80 pour le boycott de l’Afrique du Sud. Les révoltes des peuples noirs, d’étudiants, d’intellectuels blancs, associées aux sanctions économiques contribuent à la victoire. L’arrivée à la tête de l’État de Frederik de Klerk en 1989, la libération de Nelson Mandela en 1990, prisonnier politique 28 ans durant, marquent la fin de la ségrégation raciale et l’arrivée d’un régime démocratique.

Géographie. Avec une superficie 1,2 million de km2 (2,5 fois la France), l’Afrique du Sud compte cependant un tiers d’habitants en moins que la France avec 44,8 millions d’habitants.

Paysages
Nous avons vu des paysages à couper le souffle !

Climat. Il est en grande partie tempéré. Le territoire s’étend sur 13 parallèles et pourtant les températures y sont assez homogènes. Même au plus proche de l’équateur elles restent assez basses à cause d’altitudes élevées. La ville de Johannesburg se situe par exemple à 1 753 m.

Population. Les peuples présentent une grande diversité tant du point de vue anthropologique qu’ethnique ou culturel. Ils sont constitués à 79% de noirs, de 9,6% de blancs, de 8,6% de métis et de 2,5% d’asiatiques et d’indiens.

Langues. Même si l’anglais est compris de presque tous, la constitution sud-africaine reconnaît onze langues officielles : l’afrikaans, l’anglais et neuf autres langues issues des familles bantoues. Le zoulou est parlé par 24% de la population et 17% s’exprime en xhosa.

Histoire. Au XVe siècle, des navigateurs portugais atteignent le cap des Tempêtes en cherchant la route des Indes. Au XVIe siècle, Anglais, Hollandais et Français s’implantent et chassent les Portugais. Les Français, essentiellement des huguenots, fuient la France à cause des persécutions menées contre les protestants vers 1685. Ils s’accordent rapidement avec les Hollandais, pénètrent les terres pour y créer des fermes (les boers). Ils s’affrontent avec les peuples bantous en 1779 et les repoussent vers le nord.

De leur côté, les Anglais occupent la colonie du Cap au XIXe siècle. Rapidement, ils ont autorité sur une population de 20 000 colons blancs, autant d’esclaves et 15 000 bantous. Ils chassent les familles boers qui remontent vers le nord avec leur bible et leurs chariots. Les Anglais auraient pu en rester là. Mais avec la découverte de riches mines d’or et de diamants dans le sol du nord du pays une guerre sans merci s’engage entre Afrikaners et Anglais, au bénéfice de ces derniers.

Apartheid. Dans la langue des Boers ce mot signifie « séparation ». Si Anglais et Afrikaners se sont affrontés, ils étaient d’accord sur un point : celui de leur supériorité. En 1910 la constitution excluait déjà les noirs du droit de vote. À partir de 1948, le parti nationaliste accentue la ségrégation raciale. D’année en année les lois apportent leur lot d’interdictions de droits pour les populations noires et métisses. Interdiction de mariages mixtes, d’accès à des postes de l’administration, séparation dans l’enseignement, les bancs publics, les transports, les plages, etc.

Nelson Mandela. Créé en 1912, le parti de la majorité noire, l’African national congress (ANC), est interdit en 1960. En 1961, en réponse à un massacre, Nelson Mandela organise une fraction armée clandestine « fer de lance de la nation ». Arrêté en 1963, il est condamné à la réclusion à perpétuité. Des luttes internes d’étudiants notamment, firent prendre conscience du drame aux populations du monde. Sur le plan économique, des entreprises se retirèrent du pays tandis que les Sud-Africains, férus de sport, se voient interdire tout accès aux compétitions internationales.

Les grands hommes
De gauche à droite : Albert Lutuli, Desmond Tutu, Frédérik de Klerk et Nelson Mandela.

Libération. Frédérik de Klerk amorce la rupture et libère Nelson Mandela. Tous deux recevront le Nobel de la Paix. Un accompagnateur nous demande : connaissez-vous beaucoup de pays au monde qui en quelques mois surent abroger leurs lois fondamentales, changer les couleurs de leur drapeau, changer l’hymne national … sans faire couler de sang ? C’est un fait que si des siècles durant, celui-ci coula pour des conquêtes comme dans beaucoup d’autres pays, l’issue de l’apartheid se réalise dans la paix. Citons aussi d’autres grands hommes comme Desmond Tutu, évêque anglican noir, et Albert Lutuli, ancien président de l’ANC, tous les deux prix Nobel de la Paix en 1984 et en 1960 pour leur combat contre l’apartheid.

Le Cap. Nous sommes montés sur cette montagne de la Table d’où nous avons découvert l’immensité de la ville avec ses grands chantiers comme celui de l’agrandissement du stade, en perspective de la Coupe du monde de football en 2010. Nous avons découvert l’île aux phoques et la colonie de pingouins en nous rendant au cap des Tempêtes.

Durban. Plus à l’est, la ville de Durban nous a laissé une impression de plus grande pauvreté. Elle ouvre la porte aux peuplades zoulous. Ces populations plus ou moins bien intégrées à la vie moderne ont en tout cas gardé leurs traditions. Un village type, avec les habitations en chaume, les démonstrations de vie quotidienne, cuisine, tenues vestimentaires et danses guerrières, permet de mieux approcher ce qu’était encore récemment leur vie.

Zoulous
Ils nous présentent un village type, avec habitations en chaume, démonstrations de vie quotidienne et danses guerrières.

Paysages. Nous avons vu des paysages à couper le souffle ! Par exemple le Blyde River Canyon où la rivière coule 800 mètres en dessous. Encore au confluant des deux rivières Blyde et Treur, d’étranges cavités creusées dans la roche. Il faut aussi voir ce village tout droit sorti d’un western avec ses ex chercheurs d’or : Pilgrim’s Rest.

L’Afrique du Sud mérite le voyage, en particulier pour ceux qui ont comme nous, l’envie de voir comment ce pays, neuf de sa nouvelle histoire, avance dans le monde et dans ce continent africain si multiple de tout.

Du mieux mais beaucoup reste à faire

Si ce pays a considérablement progressé depuis la fin de l’apartheid, il n’en reste pas moins de grosses tâches à régler. La pauvreté reste visible aux portes des grandes villes avec des bidonvilles à toutes les entrées. Du coup, les populations plus à l’aise s’enferment dans des villages pavillonnaires avec gardiennage et fils de fer barbelés ou électriques dans la crainte d’être attaquées. C’est que le pays compte le taux de criminalité le plus fort des pays industrialisés. Il y a plus de 25% de chômeurs. Enfin, autre grand fléau, le sida. On enterre chaque jour 1 000 morts de cette maladie. Mais les hommes pas assez instruits refusent toute protection, considérant qu’il ne s’agit que d’une maladie de blancs.

Parcs animaliers

Parc animalier Kruger
On découvre le léopard dans ce grand parc.

Ils sont uniques au monde. Le parc Kruger compte à lui seul 20 000 km2. Aussi grand en surface que la région Picardie. En le sillonnant on peut facilement découvrir de multiples animaux, éléphants, antilopes, girafes, rhinocéros, hippopotames, zèbres, singes, lions, léopards, crocodiles… De quoi faire rêver, toutes générations confondues.

Georges Goubier

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