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Jean-Pierre Hédou, Itinéraire d’un militant, de l’accompagnement social à la Fédération des CIGALES


Adhérent à la CFDT depuis Mai 1968 et aujourd’hui encore à l’Union des retraités CFDT de Côte-d’Or, Jean-Pierre Hédou est engagé dans l’Économie sociale et solidaire depuis 1997.

Après neuf ans dans le monde bancaire, Jean-Pierre préfère démissionner car, pour lui, « seules les personnes ayant de l’argent étaient considérées et respectées ». Il reprend des études pour être responsable d’institutions sociales ou médico-sociales. De 1972 à 1980, il est directeur adjoint d’un Foyer de jeunes travailleurs à Valenciennes, ville en pleine crise de la métallurgie. Ce foyer accueillait à la fois des jeunes placés par la justice ou par l’Aide sociale à l’enfance et des travailleurs précaires. Un « travail d’écoute, d’éducation, de formation, d’accompagnement à l’emploi » laissant peu de temps à la vie de famille et à ses quatre enfants. Travail un week-end sur deux, astreinte une semaine sur deux.
En février 1981, la famille arrive à Quetigny en Côte-d’Or, où Jean-Pierre prend la responsabilité du centre communal d’action sociale. Il fallait pour venir en aide aux personnes en difficulté, alcooliques ou atteintes du Sida mettre en place des actions collectives avec les partenaires sociaux intervenant sur la ville. Cours de français, aide aux devoirs, soutien aux demandeurs d’emploi, mise en place de stages d’insertion pour les jeunes, les femmes…

L’Économie sociale et solidaire

En 1997, « face au pouvoir de l’argent », il s’engage dans la promotion de l’Économie sociale et solidaire en créant une CIGALES (Club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire) dans l’agglomération dijonnaise. Par la suite, Jean-Pierre a été membre du conseil d’administration de la Fédération des CIGALES à Paris. Il est aussi membre du conseil d’administration de l’Association régionale des CIGALES de Bourgogne-Franche-Comté qui regroupe dix clubs.
À Dijon, « la CIGALES Le Blé Solidaire est composée de 20 membres. Elle se réunit tous les mois pour échanger, se former, participer ou non à des forums, accueillir des porteurs de projets. » Après étude, les cigaliers votent pour déterminer s’ils financent tel ou tel projet. Le montant moyen des apports au capital ou en prêts est de l’ordre de 3 000 euros. Elle a ainsi financé Artisans du Monde, Autopartage, La Bécane à Jules (atelier de réparation et de promotion de bicyclettes), un maraîcher bio en plaine de Saône. Concernant le suivi d’un projet, deux cigaliers sont désignés pour accompagner le porteur de projet pour une durée de cinq ans.
À 74 ans, Jean-Pierre est aussi engagé auprès des migrants, par le biais de SOS Refoulement et des paroisses qui servent des repas sur l’agglomération dijonnaise.
Annie Kuhnmunch

Les CIGALES

Fondé dans les années 1980, le mouvement des CIGALES, réunit aujourd’hui deux cent cinquante clubs d’investisseurs solidaires finançant des projets à plus-value sociale, environnementale ou culturelle. Les CIGALES, structures de capital-risque solidaire, permettent ainsi à de simples citoyens – les membres donnent chaque mois entre 10 et 50 euros – d’accompagner ceux qui se lancent dans la création et le développement d’une entreprise. Cette démarche collective permet de mettre l’Homme au centre des préoccupations et les profits au service de l’entreprise, des salariés. Les investisseurs et les porteurs de projet font ensemble, au quotidien, l’expérience réussie (même si parfois difficile) d’une économie socialement responsable et solidaire.

Pour en savoir plus

Le site de l’association régionale de Bourgogne Franche Comté
Le site de la fédération nationale

Le film "Des cigales et des hommes" sur Youtube

Jean-Pierre Hedou, cigalier une aventure humaine.