Actu revendicative


« La politique de l’âge » : un projet global en deux étapes


Le Gouvernement a donc ouvert le chantier de la réforme visant à améliorer la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Cette réforme va prendre la forme d'une "loi d'orientation et de programmation sur l'adaptation de la société au vieillissement de la population" qui se déclinera en deux temps.

Dans la première étape, seront engagées les mesures concernant le maintien à domicile : la réforme de l’APA à domicile, les mesures de prévention de la perte d’autonomie et d’adaptation de la société au vieillissement, ainsi que des mesures d’aides aux aidants. La priorité sera donnée à une politique de prévention permettant l’accès de tous aux aides techniques pour le maintien à domicile (MAD).

L’adaptation du cadre de vie implique donc une offre de logement intermédiaire, une modernisation des foyers logements et différentes sortes d’habitats.

Il faut dynamiser la présence humaine avec un forfait prestation autonomie. Les personnes âgées préfèrent rester à leur domicile, même en cas d’arrivée d’une perte d’autonomie. Les aidants demeurent le pivot du MAD. Un dispositif d’aide à l’orientation pour les personnes âgées et les aidants devra apporter des réponses au niveau départemental et communal par la mise en œuvre d’un portail de recensement.

Ce MAD passe par un relèvement de l’aide personnalisée autonomie (APA) à domicile. Une amélioration de l’accès à ces aides passe par un allégement du reste à charge.

Solidarité collective

La concertation est engagée depuis le 5 décembre. Parfois avec un manque de méthode, constatons-le ! Elle doit durer « jusqu’à la fin janvier ». Le texte devrait être présenté en Conseil des ministres « dans les premiers jours d’avril » et la ministre espère qu’au moins une des deux chambres du Parlement l’aura voté avant l’été. Cela permettrait son application « dès le 1er janvier 2015 », comme le Premier ministre s’y est engagé.

Une deuxième étape, visant à aider les personnes âgées à assumer le coût des maisons de retraite médicalisées, interviendra dans « la seconde partie du quinquennat ». Elle portera sur l’accompagnement et la prise en charge en établissement. Elle intégrera des mesures permettant une réduction du reste à charge des résidents en Ehpad et s’inscrira dans une réflexion globale sur les modalités de tarification des établissements et sur les dispositifs d’aide sociale existants.

Des groupes de travail s’organiseront dès février 2014 pour travailler sur la seconde partie de la loi. La remise à plat des systèmes existants doit permettre un choc de simplification et une diminution du reste à charge pour les hébergés.

Les 100 millions de la Casa de 2014 auxquels s’ajoutent les réserves de la CNSA devront permettre la réhabilitation des maisons de retraite, la rénovation des foyers logements et le soutien au MAD dès 2014.
Suite à l’intervention des organisations et associations de retraités, 100 millions de la Casa seront versés à la CNSA. Ils permettront un soutien au maintien à domicile et une modernisation des établissements.

Le Gouvernement entend prendre acte de la transformation qui nécessite de repenser les politiques de protection sociale. Il est donc également nécessaire de renforcer la coordination entre les solidarités de proximité et l’existence d’un cadre de protection sociale. Il faut aussi avoir une approche plus personnalisée. Troisième exigence : quelles que soient les dispositions financières, elles doivent s’organiser dans la solidarité collective.

Dominique Fabre

Un financement à bétonner

Les Unions confédérales de retraités CFDT, CFE-CGC, CFTC, I’Unsa et la FGR/FP qui ont assisté au lancement de la concertation sur la loi se félicitent de la concrétisation de cet engagement. Elles veilleront tout particulièrement à ce que dans les groupes de travail thématiques qui se tiendront, la parole des retraités soit entendue. Elles rappellent leur revendication d’un financement universel prélevé sur tous les revenus. L’ambition de la loi doit être à la hauteur des besoins et des attentes. Elle ne le sera pas sans un financement adapté.