Actu revendicative


Les marées vertes, une catastrophe pour les Bretons


Durant l'été 2009 on a dénombré 102 sites bretons touchés par des échouages d'algues vertes. Le cumul régional des surfaces couvertes cette année-là se situait 20% au-dessus de la moyenne des années 2002-2008.

Dès les années 60, les agriculteurs ont été invités à produire toujours plus. Les Bretons se sont très vite engagés dans cette démarche. Des techniciens, formés à la hâte, les ont accompagnés. Des habitudes ont été prises quant à l’utilisation de plus en plus importante d’engrais chimiques azotés, de pesticides et de lisiers par épandage sur les sols.

Le résultat est alarmant ! Les terres et les rivières saturées de nitrates arrivent en très grande quantité à la mer et favorisent la prolifération d’algues vertes visqueuses. En se décomposant, elles dégagent de l’hydrogène sulfuré toxique pour les humains et les animaux. De trop nombreux cas de malaises, de problèmes de santé et de mortalité ont pu être diagnostiqués.

Cet état de fait est le résultat du non respect d’une directive européenne relative à la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles. La prolifération des élevages intensifs, hors sol, de porcs, veaux, volailles, avec l’absence de contrôles quant à l’utilisation des énormes quantités de lisiers et de fumiers, n’a pu être maîtrisée.

Opter pour un développement écologique et durable

Il a fallu attendre 2005 pour que de nouveaux comportements soient pris en compte. En effet, depuis cette date, l’octroi des aides de la Politique agricole commune (Pac) aux entreprises agricoles, est conditionné au respect des 19 directives européennes, en matière d’environnement, de santé, et de bien-être animal auxquelles s’ajoutent des règles précises : mise en place de bandes enherbées pour 3% des surfaces en culture au bord des cours d’eau, maintien des prairies permanentes, entretien minimal des terres, diversité des assolements, pratiques de fertilisation des sols et d’utilisation des produits phytosanitaires…

Les agriculteurs et industriels de Bretagne sont donc amenés à opter pour un développement écologique et durable. Mais en attendant il faut que tous les acteurs de la production et les pouvoirs publics s’attaquent dès maintenant aux causes de la prolifération afin de réduire l’utilisation des engrais chimiques azotés, gérer l’évacuation des algues, et maîtriser les risques sanitaires lors des ramassages et sur les lieux de stockage et de traitement.

Il faut conscientiser le monde agricole et industriel sur les risques qu’il fait courir à la population, établir un dispositif réglementaire d’urgence susceptible de protéger la santé des personnes, de préserver le littoral breton et maintenir une agriculture de qualité qui permettra aux populations agricoles de vivre décemment. Tel est l’enjeu d’un volontariat conscient et solidaire que les Bretons s’approprient pour garder l’image d’une Bretagne accueillante.

Edmond Pestel et Francis Daligault