Actu revendicative


Nanomonde, macrosoucis


Depuis une vingtaine d'années les développements considérables de la science dans la connaissance de l'infiniment petit (le domaine du nanomètre, soit un milliardième de mètre) ont permis de trouver de nombreuses applications. Les travaux du Grenelle Environnement ont généré une réflexion sur le développement et la régulation des nanotechnologies.

Dans le domaine de l’infiniment petit, tous les concepts scientifiques connus sont à revoir à cette échelle. Les propriétés physiques, la réactivité chimique, les propriétés mécaniques sont spécifiques pour ces nouvelles particules ou ces assemblages de particules. Leur réactivité très importante sous un très petit volume permet d’envisager des usages peu dévoreurs de matière.

Presque tous les secteurs d’activité sont intéressés et des applications inédites sont prévisibles. Les perspectives économiques, industrielles, dans des domaines très différents comme le stockage de l’énergie, la lutte contre la pollution, la prévention de maladies infectieuses permettent d’envisager des développements importants sources d’emplois.

Une intense compétition mondiale se développe. De grands axes de recherche prioritaires ont été définis en France : micro-nano électronique, biologie, santé, énergie, ainsi que l’impact de ces nouvelles technologies.

Plus de 800 produits contiennent déjà des nanomatériaux en quantité suffisante pour changer les propriétés connues. On en trouve dans des activités de dépollution des eaux, en électronique et dans les technologies de l’information (portables et ordinateurs de plus en plus petits). On en trouve aussi dans l’alimentation via les additifs ou compléments alimentaires, dans les produits de beauté (des particules de nano-oxyde de titane par exemple dans des crèmes)…

Une information claire doit permettre de signaler la présence de ces nanoproduits par un étiquetage précis. Une attention particulière doit également être portée sur leurs effets indésirables sur la santé et l’environnement. Des programmes d’étude de toxicité sont en cours et devront se développer. Il est nécessaire de lever les incertitudes quant aux risques potentiels des produits et matériaux issus de ces nanotechnologies.

Gérer le présent et le futur

Le principe de précaution - qui a valeur constitutionnelle en France - impose transparence et dialogue avec l’ensemble des acteurs. Le gouvernement a décidé un grand débat public « sur la régulation et le développement des nanotechnologies ». Des organisations ont fourni des contributions écrites à ce débat.

La CFDT constate que les nanotechnologies sont présentes depuis plus de dix ans dans les industries de pointe (aéronautique, communication, chirurgie de réparation, nouveaux médicaments…). Cela soulève des interrogations a posteriori sur la santé des travailleurs ou la contamination environnementale.

La CFDT demande que tout projet nanotechnologique industriel ou académique comporte un volet sur la sécurité et les conséquences économiques de l’innovation, son intérêt et son respect des préoccupations éthiques et environnementales.
Concernant l’éthique et les nanotechnologies, « dans le cadre de pensée et des valeurs de la CFDT, notre conception de l’éthique est humaniste. L’homme est au centre de notre démarche » rappelle la CFDT.

Gérer aujourd’hui le futur est une nécessité. Chacun doit y prendre ses responsabilités.

En savoir plus :

Le site du débat public sur les nanotechnologies :
www.debatpublic-nano.org

Vous y trouverez le « cahier d’acteur » de la CFDT ainsi qu’une contribution sur l’éthique spécifique aux nanotechnologies.

Définitions

Nanomètre : un milliardième de mètre (10-9 mètre).

Nanoparticule : assemblage d’atomes ou de molécules ayant au moins une dimension inférieure à 100 nanomètres.

Nanosciences : travaux et recherches visant à comprendre les phénomènes liés à cette échelle.

Nanotechnologies : techniques de fabrication et applications utilisant les nanoparticules.