Actu revendicative


Où en est l’industrie française ?


Les médias sont restés bien discrets sur les États généraux de l'industrie du début d'année. Il y avait pourtant matière à expliquer les enjeux sur lesquels dix groupes se sont mis au travail. Les syndicats, dont la CFDT, étaient partie prenante.

Depuis plus de 30 années, l’industrie ne cesse de se dégrader, au point de disparaître dans certaines branches. Ce lent déclin n’est pas seulement celui de la France. Il est aussi fortement marqué dans les plus grands pays européens. Cependant on note un recul plus net pour le secteur manufacturier. Celui-ci ne représente en France qu’environ 16% de la valeur ajoutée alors que la moyenne des pays de l’euro s’établit à 22,4%. Et jusqu’à 30% en Allemagne !

La balance commerciale se dégrade. Sur la période 2000/2006, elle est restée légèrement excédentaire du fait de la bonne performance des industries agroalimentaires et des biens d’équipement. Mais cela ne suffit plus à compenser le déficit enregistré sur les autres secteurs.

L’industrie française consacre à la recherche et au développement 6,6% de sa valeur ajoutée contre 11,1% en Suède, 9,9% en Allemagne (2007). Ceci a une incidence directe sur la capacité de la France à influer les normes techniques internationales dans les disciplines de pointe.

Vingt propositions CFDT

La CFDT s’est bien impliquée dans ces travaux. Pour elle, la dimension européenne, trop peu présente dans ces travaux est pourtant vitale. Elle reste le moyen d’amplifier les efforts de recherche, de décupler les forces sur des projets innovants et d’éviter les concurrences fiscales, sociales et environnementales.

Des structures pérennes de concertation, de veille et d’action devraient permettre de déboucher sur des propositions concrètes dans trois domaines :
- cibler les secteurs stratégiques et les secteurs d’avenir pouvant bénéficier de mesures de soutien spécifique afin d’éviter un saupoudrage contre-productif ;
- travailler sur tout ce qui, de manière transversale, favorise le développement industriel : recherche et développement, formation, infrastructures, fiscalité, etc. ;
- simplifier et mieux coordonner les outils et les politiques existants : Oséo, FSI [1], pôles de compétitivité, Grenelle de l’environnement, fiscalité écologique, médiation du crédit, grand emprunt… en les inscrivant dans une perspective de long terme.

A partir de ces trois éléments, la CFDT propose une série de vingt propositions [2]. Soulignons-en une à titre d’exemple : la gouvernance des entreprises est un aspect essentiel de leur dynamisme. Il faut lier les rémunérations des dirigeants à des critères sociaux et environnementaux, débattus avec les représentants des salariés, tout comme la stratégie industrielle de l’entreprise.

En affirmant que la dimension européenne s’impose sur toute une série de thèmes essentiels, la CFDT estime que s’orienter vers une nouvelle politique pour l’industrie suppose d’accorder au dialogue social la place indispensable pour conjuguer les dimensions sociales et économiques.

Georges Goubier

L’automobile en crise

Pour l’automobile, le solde exportation/importations, marqué par une chute importante depuis 2004, est négatif pour la première fois en 2008. Les secteurs automobile et biens d’équipement sont plus ouverts sur l’international ce qui est à la fois élément de force mais aussi de vulnérabilité.

S’orienter vers une nouvelle politique pour l’industrie