Notre activité


Refonder la justice sociale entre les générations


L’allongement des vies non-autonomes dans nos sociétés est une réalité pour les personnes âgées mais aussi pour la jeunesse. Les deux périodes de non-autonomie, la jeunesse avec l’enfance, l’adolescence, les années d’études, et la grande vieillesse, pour les retraités, s’étirent un peu plus chaque année et occupent une place de plus en plus grande dans notre contrat social.

Notre nouveau rapport au temps crée d’autres formes de statuts : les NEET (jeunes sans emploi, ne suivant ni études, ni formation), près de 2 millions en France ; les étudiants sans ressources ; les personnes âgées non autonomes, 1,4 million de personnes de plus de 85 ans, classées selon le groupe iso-ressources (GIR 1, 2, 3…) mesurant le degré de dépendance. Ces nouvelles réalités sont insuffisamment prises en charge par la société. « Il y a des trous dans la raquette », sommes-nous obligés de constater.

Inventer de nouvelles prises en compte de soutien financier sécurisé

Au-delà des rapports de reconnaissance intergénérationnelle familiale ou des rapports de voisinage qui s’expriment à travers des civilités, du bénévolat, des amitiés ou de l’investissement des aidants, il nous faut aller plus loin.
Notre système de retraite dépend d’une solidarité intergénérationnelle garantie par la loi. Ce sont les cotisations des actifs d’aujourd’hui qui payent nos retraites en confiance, car leurs retraites seront payées par la génération suivante. Ce n’est pas un rapport de dons, c’est un rapport de justice sociale entre générations.

Aujourd’hui, force est de constater un déficit de justice sociale au sein d’une même génération et entre les générations. Les systèmes de retraite sont inégalitaires. Les modalités de financement de la 5e branche de la Sécurité sociale ne sont pas clairement définies. Le statut juridique des jeunes, en tant qu’individu fiscal, n’est pas pris en compte. Ils n’ont pas de majorité sociale et ils dépendent fiscalement des revenus de leurs parents.

Sauvegarder la dignité de tous, quel que soit leur âge.

Vers de nouvelles solidarités garanties par la loi

« Tous les jeunes exclus des minima sociaux doivent pouvoir bénéficier d’une allocation avec un accompagnement », affirme Laurent Berger. La CFDT, avec le Pacte du pouvoir de vivre, appuie la proposition d’un « RSA jeunes ». Elle soutient la mise en place de « la garantie jeunes universelle » avec des accompagnements renforcés.

Pour les personnes en perte d’autonomie, la CFDT revendique depuis longtemps un financement public et solidaire. La 5e branche vient de voir le jour dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2021 ; la CFDT propose différentes solutions pour son financement, notamment une taxe sur la transmission à titre gratuit de tous les patrimoines. Une taxe de 1 % pourrait rapporter 2,5 milliards d’euros.

Sauvegarder la dignité de tous

Nous devons sauvegarder la dignité de tous les individus, leur donner les moyens d’accéder à un niveau de vie décent quel que soit leur âge, en recréant de la sécurité et de la réciprocité dans les soutiens pour toutes les générations. Il nous faut inventer de nouvelles formes de citoyenneté par une garantie de justice sociale pour l’assurance santé, l’accès gratuit à l’éducation, la prise en charge des enfants, des jeunes, des seniors, des anciens en perte d’autonomie dans un rapport de reconnaissance intergénérationnelle garanti par la loi.

Danielle Rived

GIR (groupe iso-ressources)

Le GIR mesure les difficultés des personnes âgées dans la vie de tous les jours. Le calcul du GIR permet de savoir si les personnes âgées ont droit à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).
GIR 1 et 2 : la personne âgée est en très grande difficulté. GIR 3 ou 4 : la personne âgée est en difficulté seulement pour certaines choses de la vie courante.
Les GIR 1, 2, 3 et 4 ouvrent droit à l’APA.
La grille sur le site Service public.