Notre activité


Le combat européen des retraités


Le comité exécutif de la Fédération européenne des retraités et des personnes âgées (Ferpa) s’est réuni fin octobre dernier à Bruxelles. Dominique Fabre y représentait la CFDT Retraités. La dimension européenne des questions de retraites et de l’âge s’impose à tous.

La crise qui se prolonge en Europe provoque un manque de confiance dans l’avenir, pour les jeunes comme pour les aînés. Plutôt que d’opposer les classes d’âge, il faut mettre en place un lien social entre les générations. Les régimes de sécurité sociale qui reposent sur le système de répartition fonctionnent si les recettes sont présentes. Or, la baisse du nombre d’actifs met en danger les équilibres sociaux.

Jusqu’ici, les retraités sont, plus que les autres générations, protégés de la pauvreté. Mais la situation est fragile. En Europe, nombre de familles vivent sur les revenus des retraités. Et toute réforme touche les besoins primaires des retraités.

L’augmentation significative de la pauvreté en Europe est un grave problème, surtout si on ne recrée pas un emploi de qualité pour éviter l’exclusion sociale. Plus encore, l’écart de salaires et de retraites entre homme et femme s’accentue dans une période de risque de pauvreté. Il est toujours défavorable aux femmes. Deux axes de travail s’imposent sur cette question : la recherche d’un minimum de pension au moins égal au salaire le plus bas de chaque pays et la garantie de soins de longue durée.

Au cours des dix dernières années, le taux d’emplois n’a pas permis de réduire la pauvreté, malgré les ambitions annoncées de diminuer d’ici 2020 de 20 millions le nombre de personnes concernées. Chacun le sait ou le devine. Entre 2010 et 2012, la pauvreté a progressé en Grèce, en Irlande, en Espagne, à Chypre, puis en Hongrie et en Bulgarie.
Les questions de santé sont emblématiques. Il existe un parcours public, avec un accès sélectif difficile et de qualité moindre. Les femmes se trouvent là encore en première ligne. Pour la première fois, le montant des dépenses de santé par habitant a diminué. Il faut avoir de nouvelles pratiques pour répondre à la réduction des budgets.

La prise en charge de la dépendance en Europe est explosive. Après le refus, pour des questions juridiques, de lancer une initiative européenne pour obliger les gouvernements nationaux à avoir une réelle politique de prise en charge, la Ferpa veut intensifier le lobbying, enrichir les contacts et déposer une nouvelle initiative semblable à celle de mai 2013, qui réponde aux arguties juridiques qui lui étaient opposées.

Depuis les élections européennes, il y a de plus en plus de députés européens de tendance d’extrême droite, xénophobes. La Ferpa veut croire que le projet Junker (voir page 10 de ce numéro) améliorera la situation au cours des trois prochaines années.

Dominique Fabre

Dominique Fabre, secrétaire nationale de la CFDT Retraités

La Ferpa

La Fédération européenne des retraités et des personnes âgées adhère à la Confédération européenne des syndicats (CES). Elle a été créée en 1993 par des travailleurs et des travailleuses à la retraite désirant prolonger leur engagement syndical pour une société plus juste, plus démocratique, plus citoyenne et solidaire avec les jeunes et les travailleurs.
Avec ses 10 millions d’affiliés, la Ferpa est aujourd’hui l’organisation la plus représentative des retraités et des personnes âgées en Europe. Elle coordonne sa politique avec celle de la CES, notamment en matière de sécurité et de protection sociale, plus particulièrement en ce qui concerne les pensions, les soins de santé, la lutte contre l’exclusion sociale et contre la pauvreté qui touche plus de 50 millions de citoyens en Europe, dont plus de 16 millions sont des personnes âgées et des femmes âgées isolées.