Stats et études


L’analyse des retraites perçues en 2001


Pour la retraite, il vaut mieux être salarié que non salarié (donc avoir cotisé), homme que femme et jeune retraité qu'ancien. Les retraites varient sensiblement en fonction des parcours professionnels effectués avec trois facteurs majeurs : les durées d'assurance, les niveaux de salaires ou de revenus non salariaux soumis à cotisation et le régime de retraite d'affiliation. Etude.

En juillet 2002 a été publiée une étude de la DREES (Direction de la recherche des études de l’évaluation et des statistiques. Cette étude a été établie à partir d’une interrogation de la quasi totalité des organismes de retraites obligatoire de base et complémentaire. Elle concerne les retraités de 60 ans et plus.

Retraite moyenne de 1 126 €

Avantages additionnels compris, le montant moyen de la retraite globale mensuelle (régime de base + régime complémentaire) perçu en 2001 a été en brut (c’est-à-dire avant prélèvements sociaux) s’élève à 1 126 € (7 386 frs). Les femmes ont disposé de 848 euros, les hommes de 1 461 euros.

Par rapport à 1997 (précédente enquête effectuée) ce montant moyen a augmenté en euros (ou francs) constants (c’est-à-dire corrigé de la hausse des prix) de 4,4 %.
Cette évolution est le résultat de plusieurs facteurs :
- les jeunes générations ayant liquidé leur retraite depuis 1997 ont en moyenne des retraites plus élevées que celles des retraités décédés depuis cette date ;
- le niveau des prestations perçues par les retraités sous l’effet des revalorisations accordées a, en brut, depuis 1997 (à euros ou francs constants) enregistré une quasi stagnation.

Le montant moyen de la retraite, comme son évolution masque des disparités importantes.
10 % des retraités perçoivent une retraite globale mensuelle de moins de 342 euros et à l’opposé 10 % bénéficient de plus de 2 039 euros.

Les disparités

Ce sont les générations les plus âgées (de 85 ans et plus) qui ont acquis les droits directs les plus faibles. Les réformes importantes mises en place au cours des années 70 pour améliorer l’assurance vieillesse ont moins bénéficié à ceux qui ont liquidé leur retraite au moment où ces réformes commençaient à se mettre en place.

A noter que l’impact des réformes Balladur de 1993 n’a pas été encore très perceptible jusqu’en 2001, cela viendra plus tard.

Les femmes ont un niveau moyen de retraite inférieur à celui des hommes en raison de durées de carrière plus courtes et de niveaux de rémunération plus faibles.

Cependant, plus les âges sont élevés, plus les écarts entre hommes et femmes se réduisent, en effet plus ces dernières vieillissent plus elles sont nombreuses à acquérir un avantage de réversion en sus de leur retraite personnelle.

Les retraites varient sensiblement en fonction des parcours professionnels effectués avec trois facteurs majeurs : les durées d’assurance, les niveaux de salaires ou de revenus non salariaux soumis à cotisation et le régime de retraite d’affiliation.

La situation des non-salariés

Les plus faibles retraites sont perçues par les anciens artisans, commerçants et exploitants agricoles. Les anciens membres de professions libérales et les anciens salariés (à l’exception des salariés agricoles) ont des retraites en moyenne plus élevées.

A signaler que chez les anciens commerçants l’adhésion au régime de retraite complémentaire (ORGANIC) est facultatif et peu de commerçants y ont cotisé. Par contre chez les artisans où l’affiliation au régime de retraite complémentaire est obligatoire la retraite est en moyenne supérieure à celle des commerçants.

Les retraités ayant exercé une profession libérale ont une retraite nettement supérieure à celle des autres non-salariés et à celle perçue en moyenne par les salariés en raison de l’importance de leur retraite complémentaire, les exploitants agricoles reçoivent un montant moyen de retraite intermédiaire entre la retraite des commerçants et celle des artisans.

La situation des fonctionnaires

Parmi les salariés uni-pensionnés, les fonctionnaires civils d’Etat ont une retraite moyenne supérieure à celle des salariés du secteur privé. Cependant, il convient de remarquer que les niveaux de qualification sont en moyenne plus élévés dans la fonction publique que dans le privé. Il est difficile de confronter les montants des retraites à niveaux de qualification identiques.

La retraite moyenne des fonctionnaires territoriaux ou hospitaliers ayant cotisé à la CNRACL est inférieure à celles des fonctionnaires d’État en raison de qualification en moyenne plus faibles.

Quelques explications

Retraite globale = droit direct + avantages additionnels.
La retraite globale servie aux retraités de droit direct acquis en contrepartie de l’activité professionnelle, peut comprendre en sus du droit direct un avantage de réversion en cas de veuvage, une allocation du minimum vieillesse pour les retraités disposant d’un faible revenu et des avantages accessoires tels que la bonification pour trois enfants et plus... Plus d’un tiers des femmes qui touchent par ailleurs une pension de droit direct perçoivent une pension de réversion.

Unipensionné : retraité ayant cotisé à un seul régime de base et complémentaire.

Polypensionné : retraité ayant cotisé à plusieurs régimes de base et complémentaires. Un quart seulement des retraités ont une retraite qui n’est versée que par un seul régime.

Disparités : salariés/non salariés
Remarque : le livre blanc sur les retraites publié en 1991 indiquait que les différences qui subsistent entre salariés et non-salariés s’expliquent pour l’essentiel par la différence d’effort contributif. Cette observation a d’ailleurs été reprise dans le premier rapport de 2001 du Conseil d’Orientation des Retraites (COR).

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