Stats et études


Les prix et le budget des ménages


Depuis plusieurs mois la question du pouvoir d'achat est au centre des préoccupations des Français. Face à l'envolée de certains prix nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne.

Le président Sarkosy voudrait nous faire croire qu’il suffit de le vouloir pour arriver à gagner plus. Quand le prix du baril atteint les 100 dollars, quand les produits alimentaires s’envolent, quand les loyers atteignent des sommets, quand les médicaments se font plus chers (directement par effet de franchise ou parce que non remboursés), les porte-monnaie ne se vident pas au même rythme. Les familles ont des structures de consommation qui leur sont propres. Le loyer absorbe une part importante du budget des ménages locataires, les dépenses de santé celui des personnes âgées, les ruraux sont plus sensibles à la hausse des produits pétroliers (carburant et fioul domestique), etc.

Le logement pèse de plus en plus

Entre 1979 et 2006, les écarts entre groupes sociaux dans les dépenses de consommation se sont déplacés de l’alimentation vers le logement (voir tableau). Dans le budget des ménages, le poids du logement baisse rapidement à mesure que l’on s’élève dans l’échelle des niveaux de vie. En 2006, il est deux fois plus élevé pour les 20% des ménages les plus modestes (ou 1er quintile) que pour les 20% les plus riches (5e quintile), soit 25% contre 11%. L’écart provient en partie de ce que les plus modestes sont plus souvent locataires. Et aussi du caractère relativement incompressible des dépenses de logement.

Le tableau indique la répartition des dépenses selon la catégorie socioprofessionnelle des ménages. La catégorie des retraités regroupant des revenus très différents, on ne peut en tirer une conclusion définitive. Par exemple, le budget logement n’est pas le même pour un retraité propriétaire que pour un retraité locataire. Selon l’Insee, 70% des retraités sont propriétaires. Le budget d’un ménage retraité ayant été ouvrier sera plus proche de celui d’un ouvrier salarié, et même remarque pour un cadre salarié ou retraité.

Poids croissant des dépenses contraintes

Selon l’Insee, les dépenses contraintes regroupent l’ensemble des dépenses engagées en début de mois et non négociables à court terme : logement, assurances, santé, transports… Ces dépenses représentaient 23% du budget des ménages en 1960 et 45% en 2005. L’alourdissement de ces dépenses pénalise davantage les ménages les plus modestes.
Lorsque la partie contrainte des dépenses augmente comme cela est le cas depuis plusieurs mois il ne faut pas s’étonner que le pouvoir d’achat soit devenu la préoccupation première des Français.

Pouvoir d’achat en baisse et fréquentation des Restos du cœur en hausse. Apparemment cela ne semble pas émouvoir Sarkosy. Peut-être a-t-il d’autres soucis plus personnels ?

Graphique

Le budget des ménages

Structure des dépenses selon la catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence du ménage. Nous avons simplifié les données pour ce graphique en fusionnant culture et loisirs avec enseignement puis hôtels et restaurants. La colonne ensemble représente la moyenne de tous les ménages. C’est celle qui sert au calcul de l’indice des prix à la consommation.

(cliquez sur le graphique pour le voir en plus grande taille)

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