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Nanoparticules, nouveaux matériaux, risques pour la santé ?


Les nanotechnologies sont de plus en plus développées. Elles impliquent des nanoparticules ou des nanotubes. Leur potentiel économique est énorme. Mais les risques sur la santé et l'environnement sont réels. Le point des connaissances.

Une nanoparticule est un objet dont au moins une des dimensions est de moins de 100 nanomètres (un milliardième de mètre ou 0,000 000 001).

On distingue des nanoparticules sphériques et des nanotubes, appelés nanofibres (de carbone en particulier car leur fabrication est très développée).

À notre échelle, c’est donc infiniment petit. De multiples applications peuvent l’utiliser, de la médecine à l’électronique, en passant par les cosmétiques, les catalyseurs...

Déjà, certains objets en nanomatériaux sont parmi nous. L’industrie des loisirs allège les raquettes de tennis et autres équipements sportifs avec les nanoparticules de carbone. L’industrie cosmétique intègre dans les crèmes solaires pour filtrer les rayons UV des nanoparticules de titane ou d’oxyde de zinc. Ajoutons les nanopuces pour le diagnostic médical du diabète et les nanolasers dans les lecteurs de DVD, capteurs, batteries, écrans...

Un marché de plusieurs centaines de milliards de dollars annuels s’ouvre d’ici à 2010. Déjà 35 pays se sont lancés dans la course à l’innovation « nano » en particulier dans la recherche, publique et privée.

Soyons vigilants

Les enjeux sociétaux et économiques sont énormes et nous devons tous suivre avec attention ces questions. Certains seraient tentés, comme pour l’amiante de négliger les risques pour la santé des individus au profit des avantages colossaux prévisibles. Avec la CFDT, exigeons un bilan complet des études toxicologiques, et des textes réglementaires pour canaliser les risques.

Possibles conséquences sanitaires

Mais l’Institut national de recherche sur la sécurité (INRS) nous met en garde : « un certain nombre d’études démontrent déjà clairement que les objets nanométriques présentent une toxicité plus grande et sont à l’origine d’effets inflammatoires plus importants que les objets micro et macroscopiques de même nature chimique ».

La principale voie d’absorption demeure la voie respiratoire. Les études toxicologiques démontrent clairement que la très petite taille des nanoparticules est un élément-clé de leur toxicité. Les nano-objets, contrairement aux autres poussières, ont la capacité de franchir les barrières biologiques : nasale, bronchique, alvéolaire, intestinale et placentaire et de migrer vers différents sites de l’organisme.

Ils peuvent ainsi rejoindre les tissus interstitiels (tissus situés entre les organes et les vaisseaux) des poumons et passer dans le sang et la lymphe. Ils peuvent alors atteindre divers organes notamment les plus irrigués comme le foie, le cœur ou la rate, et s’ils traversent la muqueuse nasale, être transportés via les nerfs jusqu’au cerveau. Les effets environnementaux sont aussi à prendre en considération.

Ne pas répéter les mêmes erreurs qu’avec l’amiante

Soucieux de ne pas répéter les erreurs commises avec l’amiante, de nombreux pays ont démarré des recherches en toxicité potentielle et risques pour la santé. En France, un avis du Comité de la prévention et de la précaution (CPP) fait ressortir « que les nanoparticules, du fait de leur très petite taille, peuvent susciter une réaction biologique et présenter un danger ». Il ajoute « qu’il n’existe pas actuellement suffisamment de données ni de méthodologies adaptées pour évaluer les risques pour la santé de l’homme ».

Au niveau européen, le septième programme cadre communautaire de recherche et développement préconise d’examiner et d’adapter les réglementations européennes concernant la protection de la santé publique et des consommateurs, selon les évaluations des risques potentiels des nanoparticules.