Actu revendicative


Pesticides, fongicides : l’amiante de l’agriculture ?


Les exigences de ces dernières décennies et la volonté de produire toujours plus ont conduit à une utilisation déraisonnée de pesticides, herbicides, fongicides et insecticides, à des manipulations toujours plus importantes de produits nocifs et à des risques sanitaires dans les élevages avec les épandages de lisiers et la prolifération des algues vertes. Des maladies professionnelles à faire reconnaître.

Selon la MSA (Mutualité sociale agricole) les cas de maladies et d’accidents en agriculture étaient, jusqu’à ces dernières années, en progression constante et inquiétante. Tous ces cas semblent se stabiliser aujourd’hui. Il a fallu que des lois et des règlementations interdisent bon nombre de produits nocifs, instituent des règles dans l’utilisation des traitements chimiques et protègent les personnes contre les risques sanitaires ou d’accidents.

De nombreux utilisateurs subissent les méfaits différés de toutes ces nuisances à la fin de leur carrière professionnelle ou lorsqu’ils sont en retraite. Car bon nombre de pesticides ou autres produits chimiques sont « l’amiante de l’agriculture ». Il faut dès lors faire reconnaître que les maladies spécifiques ou handicaps différés, les mortalités précipitées, sont d’ordre professionnel.

Une maladie est dite « professionnelle » si elle est la conséquence directe de l’exposition d’un travailleur à un risque physique, chimique, biologique ou si elle résulte des conditions dans lesquelles il exerce son activité professionnelle.

Des risques pas prévus

Des données statistiques très nombreuses (notamment à la MSA) concernent l’évolution et la progression de certaines maladies chez les travailleurs en agriculture. Même si ces données ne sont pas d’une exactitude parfaite, elles ont le mérite d’identifier des progressions anormales de plusieurs maladies chez ces travailleurs de l’agriculture.

C’est le cas des tumeurs au cerveau, de la maladie de Parkinson, des leucémies, des cancers de la peau, du sang et de la prostate.
Ces évolutions et ces progressions sont plus ou moins en liens directs avec le type de travail ou de l’emploi exercé.

Les scientifiques affirment aujourd’hui que les pesticides à base de matières organochlorées ont pour effet de doubler le risque Parkinson. Les travailleurs de la production, notamment en ce qui concerne les affections péri articulaires, sont plus exposés que les autres.

Faudra-t-il attendre aussi longtemps que nous avons dû attendre pour l’amiante ? Le suivi post-professionnel qui permet à un ancien travailleur d’être suivi sur les risques professionnels encourus ne peut être pris en compte étant donné que, contrairement à ce qui existe dans tous les autres secteurs, les pouvoirs publics ne l’ont à ce jour pas prévu pour l’agriculture.

Francis Daligault et Georges Eckert

Un dossier à étoffer par vos témoignages

Les journalistes, les équipes de chercheurs et les services de la protection sociale des salariés au sein de la MSA sont déjà à l’œuvre. La CFDT s’engage dans ce combat de la reconnaissance des maladies professionnelles en agriculture au travers de ses organisations de salariés comme de retraités de l’Agroalimentaire ou ayant travaillé dans ce secteur.
Tous ensemble nous avons à rechercher et à centraliser un maximum de témoignages. Ils permettront d’étoffer le dossier existant et le rendre crédible aux yeux des Pouvoirs publics.

Certains pesticides doublent le risque Parkinson

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