Actu revendicative


Réforme des retraites : la volonté d’avancer


Sur la réforme des retraites, la CFDT a pris ses responsabilités pour que puissent se recréer les conditions d'une véritable solidarité. Explications.

Pendant longtemps, la CFDT a mené l’action pour une réforme des retraites, seule capable de sauver les régimes par répartition, du public comme du privé. Cette réforme nous la voulions globale et concertée.

La CFDT a recherché l’unité syndicale la plus large possible sur ce problème qui concerne l’ensemble des salariés et des retraités pour une partie. La CFDT a réalisé un travail en commun avec la CGT et, a ensuite, négocié et signé avec toutes les organisations syndicales, membres du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), une plate-forme en sept points. Celle-ci devait constituer le socle incontournable des objectifs qui doivent être pris en compte par toute réforme, quelle qu’elle soit.

C’est, animées de cette volonté que la CFDT et ses organisations ont amplement participé aux manifestations du 1er février. Le gouvernement a alors entamé une phase de concertation, où nous avons porté nos revendications avec fermeté, en nous appuyant sur les objectifs décidés en commun. Malheureusement, l’unité syndicale ne résistera pas aux discussions avec le gouvernement.

Certaines confédérations, soit par duplicité, soit par manque de détermination face à la pression de certaines de leurs organisations, ont divergé des positions sur lesquelles elles s’étaient pourtant engagées, jusqu’à les trahir.

Des engagements non respectés

C’est ainsi que FO a stigmatisé, en pleine discussion avec le ministère, la revendication d’obtenir un droit de départ à taux plein avant 60 ans, dès 40 ans de cotisations. Et cela au nom de la « solidarité » ! Drôle de conception de la solidarité, qui entend faire continuer à cotiser des salariés ayant commencé à travailler très tôt, souvent dans des métiers pénibles et dont l’espérance de vie se révèle la plus courte. Ce n’est pas la nôtre !

C’est ainsi que la FSU est retombée dans ses ornières, privilégiant la défense des acquis d’une catégorie de salariés. Etrange conception de l’intérêt général, qui prétend exclure de la réforme un pan entier du salariat, quitte à fragiliser les jeunes générations de fonctionnaires et à faire peser sur les autres tout l’effort à venir. Ce n’est pas la nôtre !

De son côté, la CGT, confrontée à des difficultés internes accrues par les échéances de son Congrès, a fait preuve d’atermoiements qui l’ont éloignée de ses engagements initiaux. Il est ardu de suivre tant ses conceptions de l’action syndicale et son approche de la négociation.

Les replis syndicaux

A titre d’exemple, l’appel à la manifestation du 3 avril 2003 est la conséquence directe de ces replis syndicaux. Ses mots d’ordre associant pêle-mêle retraites, emplois, salaires et décentralisation dans la Fonction publique, la réduisent en fait à une mise en scène des revendications des seuls fonctionnaires et encore, pas de tous.

Alors que la concertation était loin d’être achevée, cette manifestation tend à faire croire que tout est joué et qu’il faut tout refuser, même de possibles avancées. C’est pourquoi, la CFDT ne s’y est pas associée. Il est clair pour ce qui nous concerne que nous n’accepterons pas de voir l’unité syndicale devenir le faux nez de positions disparates, le paravent de revendications catégorielles.

Refus des actions « fourre-tout »

Par notre histoire, par notre conception du syndicalisme, nous refuserons toujours l’opportunisme et la confusion des genres, les actions fourre-tout. Se battre pour l’avenir des retraites, surtout dans un contexte économique qui tend à réduire les marges de manœuvre, exige clarté des objectifs et volonté sans faille pour les atteindre. L’enjeu en était suffisamment crucial pour qu’on ne le noie pas dans un flot de revendications qui ne peut conduire à coup sûr qu’à l’échec une fois les banderoles repliées.

La CFDT, au contraire, a préféré agir sur tous les plans. En poursuivant les concertations avec le Gouvernement, pour pousser les feux de la réforme, pour faire toujours progresser nos objectifs. Déserter ce terrain de confrontation revenait en effet à laisser carte blanche aux dirigeants politiques et aux lobbies de la capitalisation. En mobilisant nos équipes et nos militants pour faire aboutir les orientations définies en Congrès.

C’est ainsi que nous défendons les intérêts de tous les salariés. Cette attitude se gardant des slogans passe-partout n’est pas toujours facile à tenir face aux démagogies ambiantes. Mais c’est cette seule ligne de conduite qui nous permet d’avancer et de faire aboutir nos revendications.

Dans trois et cinq ans, dans le cadre de négociations tripartites programmées, nous aurons la possibilité de faire progresser la réforme. Nous ne devons pas rater ces échéances et devons créer les conditions d’un réel rapport de force en mobilisant les populations concernées.