Actu revendicative


Les maladies professionnelles pas prévues dans l’agriculture !


Les maladies ou handicaps spécifiques différés et les mortalités précipitées sont-elles les conséquences d'une agriculture productiviste imprudente ou mal informée ? Les pouvoirs publics refusent de se poser la question.

Les exigences de ces dernières décennies et la volonté de produire toujours plus ont conduit l’ensemble des acteurs de l’agriculture à une utilisation déraisonnable de pesticides (herbicides, fongicides, insecticides). Ils ont été amenés à des manipulations toujours plus importantes de produits lourds et nocifs, et à une prise de risques sanitaires pour les populations avoisinantes et dans les élevages avec les épandages de lisiers (eaux polluées et terres saturées de nitrates). Là est par exemple la cause de la prolifération des algues vertes.

Graves pathologies

Chez l’homme, les utilisations de pesticides, de produits nocifs (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) et les manipulations de toutes sortes peuvent causer de graves pathologies, parfois mortelles. On constate de plus en plus de tumeurs cancéreuses, de maladies de Parkinson, de leucémies, de cancers de la peau, du sang et de la prostate, sans oublier la recrudescence de la maladie d’Alzheimer et des TMS (troubles musculo-squelettiques).

Faire le lien avec le travail

Les conséquences de toutes ces utilisations se manifestent trop souvent très tardivement, à la retraite. De ce fait, trop peu de victimes font le lien entre leurs problèmes de santé et leurs activités professionnelles passées. Il est donc urgent de s’interroger sur ces liens éventuels et, le cas échéant, de faire reconnaître ces maladies, handicaps spécifiques et mortalités précipitées comme des accidents professionnels.

Pas comme l’amiante

Faudra-t-il attendre aussi longtemps que nous avons dû le faire pour l’amiante ? Le suivi post-professionnel qui permet à un ancien travailleur d’être suivi sur les risques professionnels encourus ne peut être pris en compte étant donné que, contrairement à ce qui existe dans tous les autres secteurs, les pouvoirs publics ne l’ont, à ce jour, pas prévu pour l’agriculture.

Témoignages attendus

Depuis quelque temps de multiples témoignages de victimes sont relatés par les médias. Que ce soit un groupe de victimes qui créent une association nationale de défense des victimes des pesticides ou le soutien des viticulteurs à un jeune atteint d’un cancer. Notre rôle de militant est donc essentiel. À nous de faire remonter toutes les situations dramatiques afin de constituer des dossiers solides et crédibles. À la rédaction de Fil Bleu, nous comptons sur vos témoignages.

Francis Daligault et Georges Eckert (CFDT Retraités Agroalimentaire)