Déclarations 2001 à 2003


Médicaments : les retraités ne veulent pas porter le chapeau !


La Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAM TS), la Mutualité Sociale Agricole et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Professions Indépendantes (CANAM) viennent de conclure un accord avec le syndicat de médecins généralistes MG France. Cet accord de « bon usage de soins » vise à diminuer la fréquence des prescriptions de plus de 5 médicaments chez les personnes de plus de 70 ans.

Aller vers un meilleur usage des médicaments et réduire les prescriptions inefficaces ou nocives sont des éléments qui peuvent conduire à une meilleure maîtrise médicalisée des dépenses de santé.

Mais lorsque cette disposition s’accompagne d’une condition d’âge, l’UCR-CFDT ne peut que s’insurger car cette disposition pourrait conduire à désigner les retraités comme responsables d’une surconsommation médicamenteuse et, au-delà, du déficit de l’Assurance Maladie et cette disposition est basée sur des considérations qui ne sont pas seulement médicales.

En effet :
- Plus de 60% des hospitalisations liées à des complications médicamenteuses sont le fait de personnes de moins de 70 ans.
- Les risques de complications médicamenteuses sont largement dépendants de l’état général du malade et ceci peut être le cas quel soit l’âge du malade.
- Les retraités ne sont pas les seules responsables d’une consommation de médicaments qui est en France deux fois plus importante que dans d’autres pays européens.

L’UCR-CFDT affirme qu’il faut défendre notre système d’assurance maladie et d’accès aux soins qui ne repose sur aucune discrimination qu’elle soit liée à l’âge ou à d’autres facteurs et qui est l’illustration d’une large solidarité intergénérationnelle et interprofessionnelle.

Défendant le principe de règles ne reposant que sur des critères médicaux, l’UCR-CFDt demande que, lors de sa validation par le Ministère de la Santé, toute référence à des conditions d’âge soit supprimée dans l’accord conclu.

Enfin l’UCR-CFDT dénonce la confusion permanente entre amélioration des soins et économies attendues. En effet, si la recherche de l’amélioration des soins et de l’accès à ces soins doit être permanente et n’implique pas nécessairement une augmentation quantitative des soins, l’UCR-CFDT regrette que les retombées financières des mesures prises et en particulier les économies attendues apparaissent trop souvent comme le but recherché et non comme une conséquence des modifications envisagées.

Le 11 août 2003