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L’histoire commence par une association des vieux travailleurs


À la Libération, la France entame sa reconstruction. La Sécurité sociale voit le jour. Les pensions du secteur privé sont dérisoires. Dès 1944, le mouvement retraités se structure progressivement à la CFTC, en particulier dans plusieurs fédérations du secteur nationalisé (cheminots, mines, Défense nationale, EDF). Dans ce contexte, quelques militants CFTC décident une organisation de retraités.

Le 6 mai 1946, Julien Tarabon, premier président, déclare l’Association française des vieux travailleurs CFTC à la préfecture de police de Paris. Lucien Léonard en est le secrétaire général. L’association regroupe presque essentiellement des retraités du secteur privé.

Dès l’origine, des dissensions se font jour entre ceux qui veulent confiner l’association dans une sorte de club d’anciens tournés vers l’amitié et l’entraide, et ceux qui souhaitent s’orienter vers la défense des droits des retraités et vers l’organisation des retraités pour agir.
Le début des années 1960 marque un premier tournant dans l’évolution de l’Association française des vieux travailleurs CFTC. En mai 1961, avec le soutien de la Confédération, l’assemblée générale décide de réorganiser l’association sur des bases nouvelles. Une militante, Aimée Vaugeois, qui deviendra, en 1965, secrétaire générale de la fédération, est dégagée par la Confédération pour assurer le secrétariat. La décision est prise de procéder au recensement des organisations de retraités existantes au sein des unions départementales et des fédérations. Les résultats de la consultation sont décevants. Mais une démarche est engagée.

Premier congrès

Une nouvelle assemblée générale modifie les statuts et, en décembre 1962, transforme l’association en fédération. En 1964, la CFTC devient la CFDT. Dans la foulée, la fédération change de statuts et devient en 1965 la fédération CFDT des retraités et anciens travailleurs.

À la fin des années 1960, des militants marqués par la JOC-JOCF arrivent en retraite. Ils ont œuvré pour faire évoluer la CFTC. Le 22 janvier 1969, sous l’impulsion de Raymond Martin, Marcel Gonin et Simone Malaquin, une assemblée générale extraordinaire transforme la fédération en Union confédérale des retraités. Au congrès confédéral de 1970, la CFDT « confie à l’UCR la responsabilité d’aider à la prise en charge des problèmes des retraités et de leurs ayants droit, à tous les niveaux de la CFDT, d’organiser les retraités avec les autres organisations confédérées pour conduire l’action nécessaire à l’amélioration de leurs ressources et conditions de vie ». Dans les années qui suivent, le syndicalisme retraités émerge. Les premières véritables actions apparaissent. Au printemps 1971, des banderoles propres aux retraités CFDT sont visibles dans plusieurs manifestations.

À l’assemblée générale de l’UCR de 1973, des délégués des UFR entrent pour la première fois au conseil. Deux ans plus tard, l’assemblée générale est transformée en congrès national. Le premier se tient donc en 1975, à Orléans, en présence de 115 délégués. Une femme, Simone Malaquin, est élue secrétaire générale.

Organismes spécifiques

À compter de 1980, l’UCR se met en place. Née sur des bases professionnelles, notamment dans les fédérations, où les retraités étaient structurés en raison de la continuité de leur statut, l’UCR évolue. L’arrivée de la Gauche au pouvoir en 1981 est un tournant dans l’action des retraités. Certaines revendications, particulièrement relatives aux basses pensions, sont satisfaites. La revalorisation importante du minimum vieillesse et la création du minimum contributif suivront.

Les lois de décentralisation de 1982 confèrent des pouvoirs nouveaux aux départements, en particulier en matière d’action sociale. Mais aussi des responsabilités nouvelles aux organisations syndicales de retraités. le Comité national des retraités et personnes âgées (CNRPA) et les comités départementaux des retraités et personnes âgées (Coderpa), organismes consultatifs spécifiques aux retraités et personnes âgées, sont mis en place.

Droit de siéger

En 1982, au congrès de l’UCR à Guidel, Edmond Maire déclare : « Pour que les retraités sortent de la place secondaire qui est la leur, il faut que leurs organisations aient une place réelle, non secondaire, une place qui leur accorde un vrai statut, un vrai pouvoir dans la CFDT. Et la question posée à la Confédération, c’est celle de sa capacité à passer aux actes, à reconnaître le droit des retraités à exister en son sein d’une manière spécifique avec un pouvoir réel. »

À ce congrès, les délégués votent une réforme des statuts qui permettra un fonctionnement démocratique de l’organisation, dont la base essentielle est le congrès représentatif des organisations départementales, régionales et fédérales. Le syndicalisme de proximité prend toute sa place. La même année, au congrès confédéral de Metz, les retraités obtiennent le droit de siéger au congrès confédéral avec voix délibérative. À partir de 1985, les unions régionales interprofessionnelles de retraités votent au congrès confédéral. À partir du congrès confédéral de 2006, les unions territoriales de retraités (UTR) suivront.

Acteurs de transformation sociale

En 1993 et 1994, à l’initiative de Nicole Notat, un nouveau débat s’ouvre sur « la place des retraités dans la société et les conséquences syndicales pour la CFDT ». Au congrès confédéral de Montpellier, en 1995, la question de la cotisation des retraités est réglée. L’UCR, qui assume son propre fonctionnement, dispose d’une totale autonomie pour financer ses activités.

À l’occasion du 50e anniversaire de l’UCR, en 1993, la secrétaire générale de la CFDT déclare : « S’il est vrai que les retraités ont besoin d’un syndicalisme confédéré, la réciproque est également vraie. » Deux ans plus tard, au congrès confédéral de Lille, elle réaffirme : « Les retraités comme les salariés, et les chômeurs sont des acteurs de la transformation sociale. »

Le congrès de l’UCR de 2000, à Cherbourg, se prononce sans équivoque pour l’intégration des retraités à la vie confédérale. En 2006, le congrès confédéral de Nantes concrétise cette résolution.

Gagner en efficacité

En mai 2015, au dernier congrès de l’UCR, les délégués ont adopté une résolution générale dans laquelle on peut lire : « L’UCR engagera une réflexion sur les objectifs de son évolution et sur la méthode pour la conduire. L’UCR propose la réalisation d’un audit pour évaluer nos fonctionnements, notre efficacité et les moyens de notre action. La réflexion partagée avec l’ensemble des structures de la CFDT Retraités (UCR, URR, UFR, UTR) pourra conduire à une modification statutaire, pour faire gagner en efficacité l’action de nos structures, concomitamment à une réforme des structures territoriales. »

Les UTR, URR et UFR ainsi que la commission exécutive de l’UCR ont été consultées. Le résultat des entretiens et les réponses au questionnaire aideront à tracer le chemin du syndicalisme retraités CFDT de demain.

Jean-Pierre Druelle

Aimée Vaugeois, Simone Malaquin et Suzanne Bégorre : trois femmes qui ont marqué l’UCR.

Sommaire du dossier sur les 70 ans de la CFDT Retraités

- La CFDT Retraités refonde en permanence le progrès social
- L’histoire commence par une association des vieux travailleurs
- Trois anciens secrétaires généraux témoignent
- Thomas Kipp toute sa vie aux côtés de la CFDT
- L’engagement continu pour l’Europe de la CFDT Retraités
- Nous donnons du sens à un syndicalisme hors de l’entreprise, en société
- Laurent Berger : « La CFDT a besoin de ses militants retraités ! »