A Principes communs


02 La barrière d’âge entre handicap et dépendance


Les dispositifs actuellement en vigueur présentent une rupture à 60 ans lors du passage des dispositifs pour les handicapés à ceux pour les personnes âgées en perte d’autonomie. Il est nécessaire d’évoluer vers plus de continuité.

BON À SAVOIR

Handicap, autonomie, dépendance : des approches différentes

Le handicap se définit comme une restriction ou une limitation dans les activités ou la vie sociale d’une personne à la suite d’une déficience ou d’une altération durable ou définitive d’une ou de plusieurs de ses fonctions physiques ou sensorielles. Cet état peut compromettre son aptitude à fréquenter l’école ou à occuper un emploi.
La perte d’autonomie caractérise une situation dans laquelle une personne a perdu plus ou moins sa capacité à mener sa vie librement.

La dépendance apporte une notion supplémentaire, celle de ne pas pouvoir mener sa vie courante sans l’aide d’une personne extérieure, d’un appareil ou d’un objet. Ce besoin d’aide ou d’assistance dans la vie quotidienne se traduit par une contrainte pour la personne âgée qui devient dépendante d’une aide humaine ou matérielle.

Le débat reste ouvert. La CNSA n’utilise pas le terme « dépendance » et évoque une prestation universelle de compensation au maintien de l’autonomie et de la participation à la vie sociale alors que d’autres parlent de besoin d’aide dans les actes de la vie quotidienne à cause d’incapacités.

1. Une anomalie mal vécue

L’âge de 60 ans joue un rôle important dans le système français de prise en compte des différentes pertes d’autonomie. Alors qu’avant 60 ans, la personne est considérée comme handicapée, elle devient dépendante dès qu’elle passe le cap des 60 ans. Une des raisons tient dans le fait que la prise en compte des difficultés des personnes handicapées s’est faite antérieurement à celle des personnes âgées.

Cette anomalie est souvent mal vécue. Les personnes intéressées ne comprennent pas ce changement de régime à 60 ans. Cette situation est d’autant plus incompréhensible que les adultes handicapés vivent de plus en plus âgés. Des maladies étaient considérées jusqu’à présent comme spécifiques des personnes âgées. Elles sont maintenant clairement identifiées et reconnues chez des personnes de moins de 60 ans. Il en est ainsi de la maladie de Parkinson, de celle d’Alzheimer ou des maladies qui leur sont apparentées.

La société doit aller vers un système qui répond à ces situations de façon continue de la naissance à la fin de vie. Prendre de façon continue ne veut pas dire prendre de la même façon. Il est évident que la réponse de la société ne peut pas être la même pour un enfant en bas âge atteint d’un handicap, pour un jeune qui a des difficultés d’apprentissage scolaire, pour un adulte atteint d’incapacité de travail après un accident ou à la suite d’une maladie ou pour une personne âgée dont l’organisme est déficient…

2. Des progrès lents

Un progrès notable a été fait en 2005 par la loi sur le handicap qui fixait alors un objectif de convergence pour les dispositifs spécifiques aux personnes handicapées et pour les personnes âgées dépendantes. Malheureusement cet objectif est perpétuellement reporté.

Plusieurs réalisations concrétisent cependant cette volonté. La première est l’ouverture progressive des structures d’information et d’accueil aux deux types de publics (MDPH et Clic). La deuxième est la tendance des conseils généraux à établir des schémas départementaux de l’autonomie qui remplacent ceux qui étaient préalablement adoptés séparément pour les personnes handicapées et pour les personnes âgées.

Enfin la création de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie en 2007 témoigne de la volonté d’avoir une vue globale des réponses à apporter aux différents types de perte d’autonomie. C’est, en particulier, par elle que transitent tous les crédits nationaux destinés aux personnes handicapées et aux personnes âgées dépendantes, que ce soient les crédits à caractères médicosociaux des organismes de sécurité sociale, la contribution de solidarité pour l’autonomie ou la part de CSG consacrée à ces actions.

3. Une nouvelle étape en 2015

La loi d’adaptation de la société au vieillissement fait un nouveau pas en avant en remplaçant dans chaque département le Coderpa et le CDCPH par un organisme unique : le conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie. Placé sous la présidence du président du conseil départemental il aura à traiter les questions transversales telles que la prévention de la perte d’autonomie, les transports, l’accessibilité, le logement, l’accès aux activités de loisirs et de culture, la participation à la vie associative...

La création de maisons de l’autonomie regroupant en un même lieu les capacités d’’accueil, d’information et d’orientation pour les personnes handicapées et pour les personnes âgées est une autre avancée.

Mais il reste encore beaucoup à faire pour harmoniser l’évaluation des besoins ou pour mettre en place des plans d’aides dans un cadre financier unique aux deux catégories de personnes.

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  • 02 La barrière d’âge entre handicap et dépendance Le 24 septembre à 13:42, par Isa

    Bonjour, et bravo pour votre engagement.
    il s’agit de ma maman, Edith, agée de 81 ans.
    (je vais à l’essentiel) Edith a commencé à travailler à 14 ans à la sté du Rottin elle a servi de cobail pour faire des tests d’outils qui envoyait de la poudre de cuivre dans des tubes plastiques. Elle est tombée rapidement malade. Mais à l’époque, pas de reconnaissance d’accident du travail, et le travail était si rare. Bref, ce cuivre accumulé dans ses bronches et dans ses sinus, ne l’a jamais quitté. Elle a été malade toute sa vie. vers 40 ans, son pneumologue, lassé de la voir sans cesse surinfectée, décide de la faire opérer des sinus. le chirurgien retrouvera du vert de gris dans ses sinus. Parallèlement à sa maladie bronche sinus, elle perd l’audition très jeune, et doit s’appareiller pour pouvoir travailler.
    Toute sa vie n’a été que maladie, souffrance après de multiples opérations des oreilles, elle deviendra sourde profonde rapidement. Elle a toujours tenté de faire reconnaitre son handicap pour ses oreilles, mais on lui a toujours fait entendre qu’elle ne gagnerait rien à être reconnue handicapée. Entre ses bronchite à répétition et ses oreilles, elle aura passé la majeure partie de sa vie sous antibiotiques.
    Pourtant elle a tenu a travailler jusqu’à 65 ans, elle est arrivée à la retraite épuisée et n’aura pas profité de ce temps pour se reposer, la maladie ne la lachera pas.
    Je m’occupe d’elle depuis 4 ou 5 ans, aide de l’APA, depuis deux ans, mais le 1er janvier elle est hospitalisée pour une énième infection pulmonaire et le 15 elle fait une embolie pulmonaire massive. en Avril elle a été placée dans un USLD. En mai, je fait une demande d’aide sociale car elle n’a pas assez de retraite pour couvrir le montant du loyer. Depuis j’attends, je relance et hier, je reçois un appel du département pour un souci d’adresse postale (erreur de leur service) pour m’annoncer que le département lui accorde une aide de 255 euro, Comme je ne comprends pas, j’explique, et là, surprise, le département n’a pas de demande d’aide sociale, confusion, recherche, et finalement la personne me dit qu’elle ouvre un dossier en urgence, car enfin, lorsque l’obligation alimentaire sera décidée, on va me demander l’aide alimentaire multipliée par 7 mois d’attente. Je ne refuse bien sur pas d’aider, mais je le fais déjà, bref, je stipule que ma mère est handicapée, mais pas que de son âge, qu’elle est sourde profonde depuis bien avant sa retraite, et la personne me dit qu’il faudrait le prouver, car à part une demande de carte handicapée avec notification en 2011, ils n’ont aucune trace de ce handicap.
    L’acquiesce puisque je sais que maman n’a jamais touché de pension d’invalidité, puis la personne me dit que de toute façon c’est trop tard pour faire valoir ce handicap.

    Puis je quand même prouver, à travers les documents de ma mère, compte rendu opératoires, certificat des spécialistes, certificats médicaux, ordonnance des prothèses auditives (qui prouvent sa surdité profonde), cure thermales pour soulager ses bronches, et nombreux traitements, que ma mère était handicapée avant de cesser son activité. Pourquoi, parce qu’elle était handicapée, très malade et qu’elle a travaillé jusqu’au bout pour avoir une retraite convenable et ne pas devoir dépendre de ses enfants, elle ne veut pas avoir fait tout ça pour rien.

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    • Le 24 septembre à 21:50, par Claude (CFDT Retraités)

      Je comprend votre témoignage et je vous en remercie. Vous confortez ce que nous écrivons et qui nous désole. La dépendance d’une personne âgée est moins bien en charge que la dépendance d’une personne reconnue handicapée avant 60 ans. Je n’ai pas de solution à votre question en droit.
      Le financement de l’USLD est identique que celui d’un Ehpad. Lisez la fiche 42.

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    • Le 28 septembre à 19:00, par Gilbert (CFDT Retraités)

      Votre maman est victime d’un système médical défaillant qui ne lui a pas suggéré une prise en charge au titre de maladies professionnelles et de l’absence de suivi de la médecine du travail.

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